05/06/2018

Y a plus d'banquier!

De bleu, de bleu...!

Or donc, après avoir passé quelques jours à l'hosto en attendant que ma bidoche découpée au scalpel par une gracieuse chirurgienne reprenne à peu près la forme d'une fermeture-éclair Riri, me voilà de retour à la turne. Bobonne a profité de mon absence pour faire les à-fonds printaniers et placé sur ma table de nuit la collection complète des Julie que j'aurais ratées. Charmante attention s'il en est, agrémentée de quelques cadeaux princiers de mes potes de la Queue-d'Arve. Les Valescos m'ont gratifié de pinard, les Frouziens de Rebloche, mes compatriotes G'nevois, radins comme toujours, ont averti ma douce qu'ils me paieraient sûrement l'apéro un de ces jours (du genre "Demain on rase gratis") et un copain stauffifre, latiniste distingué malgré le handicap que représente sa naissance à Buchhotterberg, a collé sur le mur en face de mon plumard ce joli texte: Otium reficit vires. Mes latineries acquises à Saint-Antoine il y a quelques lustres et la confirmation trouvée dans mon vieux Gaffiot m'ayant permis de saisir toute  l'importance de la sentence (L'oisiveté reconstitue les forces), j'en fais part à Bobonne qui me jette ces paroles pleines de compréhension: "Ben mon colon! ça va pas beaucoup te changer".

De bleu, de bleu...! Elle piquerait la guêpe.  Là-dessus, fier comme Etienne Dumont après son dernier tatouage, j'arrange mes oreillers, me saisis d'une Julie au p'tit bonheur la chance, et pousse un cri d'effroi: "Ahaaaaa!" suivi d'une imprécation: "Atayu mon bidet", laquelle,  pour les gonzes qui n'étaient pas d'ici au 18e.s. signifie littéralement "Le tréteau qui supporte le cercueil va se péter la gueule".  Tu parles d'une nouvelle: Thierry Lombard va vendre son château de Bavois à l'encan. C'est-à-dire que Bobonne et moi allons pouvoir faire une offre dès dix ronds. Tudieu les mecs d'Carouge! ça ne vous tente pas de casser vos tirelires pour un week-end dans la plaine de l'Orbe (pas loin de la taule qui fait le bonheur des betteraviers et des embastillés)? Y a longtemps, je l'avais visité le pied-à-terre du banquier. Rien que la cheminée de la Salle des Chevaliers vaut plus cher qu'un ponton de la Société nautique. J'adore l'explication du proprio cédeur: "J'veux me recentrer sur mes affaires d'en-deça de la Versoix". Un peu comme si Barthassat préférait sa Harley à son ancien boulot. Bref! J'ai toujours dit que l'air du pays de Broulis et de Brélaz ne réussissait pas aux G'nevois. Dommage que Weinstein ne puisse plus s'y intéresser.  Y a même des baldaquins dans les dix-huit chambres.

Et je me contenterai de mon quatre pièces et demi avec vue sur la plaine de la Servette.

Le Groumeur genevois.

 

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28/10/2017

Ethnikos vs Polis

De bleu, de bleu… !

Queue-d’Arve, hier à trois heures.

V’là que Carlos, anthropologue de son état et pétanqueur amateur, vient de nous entretenir durant deux plombes du conflit opposant les Catalans aux Espagnols. Comme si on n’avait pas déjà assez de problèmes entre les ceusses de Pagani et les ceusses de Barazzone. Faut dire que Carlos a de qui tenir : son grand père a combattu les troupes de Franco en 36 et son père s’est enrôlé dans la Guardia civil de Figueras au début des années 60. Tiraillé entre deux pensées contradictoire donc, le Carlos ! Tiraillé entre deux langues aussi, celle de sa « Madre » une Castillane pure et dure et celle de son père, acquise autant sur les bancs d’école que sur les Ramblas !

Carlos est arrivé à l’Uni de Genève dans les années nonante et s’est établi rue de Fribourg où flottent encore aux fenêtres les drapeaux rouge et or. Quand on l’a connu, entre deux tapas et une topette de Rioja, il nous bassinait déjà avec « l’extraordinaire maturité politique des Espaingouins qui avaient su tirer un trait sur Papy Caudillo dans la paix et la monarchie parlementaire chère à Juanito Carlitos ».

De bleu, de bleu… !

Quand je suis rentré à la maison, j’ai d’mandé à Bobonne de s’préparer au pire. Selon l’ami Carlos, dans une vingtaine d’années, dans notre bonne vieille Europe, on va tous se f… sur la gueule sous prétexte d’Ethnikos.

J’vous explique : Les Grecs anciens (qui, entre nous n’étaient pas encore les pinces qu’il sont devenus) opposaient Polis à Ethnikos ; autrement dit les gusses appartenant à un Etat moderne et évolué et les nières appelant de leurs voeux un retour à un Etat archaïque et profondément tribal.

Or donc, et toujours pour Carlos, les indépendantistes catalans, corses, kosovars, basques, savoyards ou padaniens préfigurent un retour aussi brutal qu’attendu dans des sociétés tribales. Pour lui, il n’y a aucun doute, le gonze Puigdémont va se r’trouver en taule dans les jours qui viennent et les mecs de Barcelonikos et ceux de Madripolis vont se livrer à une sanglante bataille qui ne ressemblera pas à celle qui se joue sur les pelouses du Camp Nou ou de Santiago Bernabeu.

J’en étais là de mon discours à Bobonne quand elle a jeté : « Dans ma paella je mets des fruits de mer catalans ou des saucisses de la Mancha ? »

Pas rassuré mais crevant la dalle, j’me suis mis à table comme un Versoisien devant un plat de filets de perches.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

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17/10/2017

Balance ta truie!

De bleu, de bleu… !

Si j’en crois les gazettes, Harvey Weinstein serait le pire prédateur sexuel que le monde ait connu ; à côté de lui DSK ne représenterait que de la roupie de sansonnet (à ne pas confondre avec la groupie du chansonnier). Dans le fond qu’est-ce qu’on lui reproche à ce pervers ? De s’être présenté tout nu et en érection devant de pures demoiselles, d’avoir demandé parfois, exigé souvent, forcé dans la plupart des cas les demoiselles starlettes à lui prodiguer quelque gâterie en échange de promesses aussi fumeuses que des pipes de bruyère… ou payé quelques milliers de dollars à certaines pas du tout contentes mais qui ont quand même accepté le pognon. Un vrai porc donc !

D’ailleurs une célèbre journaliste dont je n’avais jamais entendu parler, Dame Sandra Müller, vient de créer un « Touite » qui s’appelle « Balance ton porc » et dont elle nous dit qu’il n’est pas un appel à la délation mais tout juste un appel à la dénonciation. C’est qu’on appelle une licence poétique ou une subtilité de langage.

Du coup, toutes les starlettes en mal de lumière se rappellent leurs mésaventures d’il y a quelques lustres, des milliers d’anonymes emboîtent le pas et « dénoncent » à queue-mieux-mieux leurs imprésarios, leurs agents, leurs producteurs, leurs metteurs en scène, leurs maris, les passants, les habitués du métro , les patrons et les garçons bouchers .

Bref ! Mes potes de la Queue-d’Arve, misogynes, machos ou séducteurs invétérés, brandissaient ce matin à l’apéro le canard 20 minutes qui inonde les trains et les gares à l’heure où les mômes vont à l’école. « Elles veulent du respect les gonzesses – gueulait Julot – et en v’là une qui fait des montages photos d’anus féminin transformés en escaliers » Giulia qu’elle s’appelle l’artiste en question qui prône la non censure des corps de femme. « C’est archi-érotique ! » titre le journal. Gageons que si les montages étaient l’œuvre d’un Giulio, la mère Müller aurait « dénoncé » le porc.

Après deux Kir et trois limonades on avait presque fait le tour de la question. Jimmy avait sorti les pages frivoles du Matin de Lôzanne où des péripatéticiennes te présentent en couleur leurs spécialités cul-inaires.

Or donc les mecs, si ce n’est pas déjà fait,va falloir vous tenir à carreau ou alors participer à un nouveau « Touite » qui s’appellerait « balance ta truie » et qui dénoncerait les nanas aguicheuses, les décolletées jusqu'à la taille, les cougars, les Bribri, les nymphomanes, ou les ceusses en goguette qui balancent les réflexions du genre « Il a un beau p’tit cul de gars-là, j’en ferais bien mon weekend de pluie.

De bleu, de bleu… les filles ! C’est vrai que le mec Vinestine (comme on dit là-bas), les violeurs et les profiteurs de filles sans défense ne méritent que la taule ; mais, de grâce, laissez-nous vous dire que vous êtes jolie, belle, élégante, attirante ! Laissez-nous vous inviter pour un café, un apéritif, un repas et plus si entente ! Laissez-nous vous « galanter », vous faire marrer, vous intéresser ou même vous offrir des fleurs !

Sinon qu’est-ce qu’on va se faire ch… !

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

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