28/10/2017

Ethnikos vs Polis

De bleu, de bleu… !

Queue-d’Arve, hier à trois heures.

V’là que Carlos, anthropologue de son état et pétanqueur amateur, vient de nous entretenir durant deux plombes du conflit opposant les Catalans aux Espagnols. Comme si on n’avait pas déjà assez de problèmes entre les ceusses de Pagani et les ceusses de Barazzone. Faut dire que Carlos a de qui tenir : son grand père a combattu les troupes de Franco en 36 et son père s’est enrôlé dans la Guardia civil de Figueras au début des années 60. Tiraillé entre deux pensées contradictoire donc, le Carlos ! Tiraillé entre deux langues aussi, celle de sa « Madre » une Castillane pure et dure et celle de son père, acquise autant sur les bancs d’école que sur les Ramblas !

Carlos est arrivé à l’Uni de Genève dans les années nonante et s’est établi rue de Fribourg où flottent encore aux fenêtres les drapeaux rouge et or. Quand on l’a connu, entre deux tapas et une topette de Rioja, il nous bassinait déjà avec « l’extraordinaire maturité politique des Espaingouins qui avaient su tirer un trait sur Papy Caudillo dans la paix et la monarchie parlementaire chère à Juanito Carlitos ».

De bleu, de bleu… !

Quand je suis rentré à la maison, j’ai d’mandé à Bobonne de s’préparer au pire. Selon l’ami Carlos, dans une vingtaine d’années, dans notre bonne vieille Europe, on va tous se f… sur la gueule sous prétexte d’Ethnikos.

J’vous explique : Les Grecs anciens (qui, entre nous n’étaient pas encore les pinces qu’il sont devenus) opposaient Polis à Ethnikos ; autrement dit les gusses appartenant à un Etat moderne et évolué et les nières appelant de leurs voeux un retour à un Etat archaïque et profondément tribal.

Or donc, et toujours pour Carlos, les indépendantistes catalans, corses, kosovars, basques, savoyards ou padaniens préfigurent un retour aussi brutal qu’attendu dans des sociétés tribales. Pour lui, il n’y a aucun doute, le gonze Puigdémont va se r’trouver en taule dans les jours qui viennent et les mecs de Barcelonikos et ceux de Madripolis vont se livrer à une sanglante bataille qui ne ressemblera pas à celle qui se joue sur les pelouses du Camp Nou ou de Santiago Bernabeu.

J’en étais là de mon discours à Bobonne quand elle a jeté : « Dans ma paella je mets des fruits de mer catalans ou des saucisses de la Mancha ? »

Pas rassuré mais crevant la dalle, j’me suis mis à table comme un Versoisien devant un plat de filets de perches.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

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17/10/2017

Balance ta truie!

De bleu, de bleu… !

Si j’en crois les gazettes, Harvey Weinstein serait le pire prédateur sexuel que le monde ait connu ; à côté de lui DSK ne représenterait que de la roupie de sansonnet (à ne pas confondre avec la groupie du chansonnier). Dans le fond qu’est-ce qu’on lui reproche à ce pervers ? De s’être présenté tout nu et en érection devant de pures demoiselles, d’avoir demandé parfois, exigé souvent, forcé dans la plupart des cas les demoiselles starlettes à lui prodiguer quelque gâterie en échange de promesses aussi fumeuses que des pipes de bruyère… ou payé quelques milliers de dollars à certaines pas du tout contentes mais qui ont quand même accepté le pognon. Un vrai porc donc !

D’ailleurs une célèbre journaliste dont je n’avais jamais entendu parler, Dame Sandra Müller, vient de créer un « Touite » qui s’appelle « Balance ton porc » et dont elle nous dit qu’il n’est pas un appel à la délation mais tout juste un appel à la dénonciation. C’est qu’on appelle une licence poétique ou une subtilité de langage.

Du coup, toutes les starlettes en mal de lumière se rappellent leurs mésaventures d’il y a quelques lustres, des milliers d’anonymes emboîtent le pas et « dénoncent » à queue-mieux-mieux leurs imprésarios, leurs agents, leurs producteurs, leurs metteurs en scène, leurs maris, les passants, les habitués du métro , les patrons et les garçons bouchers .

Bref ! Mes potes de la Queue-d’Arve, misogynes, machos ou séducteurs invétérés, brandissaient ce matin à l’apéro le canard 20 minutes qui inonde les trains et les gares à l’heure où les mômes vont à l’école. « Elles veulent du respect les gonzesses – gueulait Julot – et en v’là une qui fait des montages photos d’anus féminin transformés en escaliers » Giulia qu’elle s’appelle l’artiste en question qui prône la non censure des corps de femme. « C’est archi-érotique ! » titre le journal. Gageons que si les montages étaient l’œuvre d’un Giulio, la mère Müller aurait « dénoncé » le porc.

Après deux Kir et trois limonades on avait presque fait le tour de la question. Jimmy avait sorti les pages frivoles du Matin de Lôzanne où des péripatéticiennes te présentent en couleur leurs spécialités cul-inaires.

Or donc les mecs, si ce n’est pas déjà fait,va falloir vous tenir à carreau ou alors participer à un nouveau « Touite » qui s’appellerait « balance ta truie » et qui dénoncerait les nanas aguicheuses, les décolletées jusqu'à la taille, les cougars, les Bribri, les nymphomanes, ou les ceusses en goguette qui balancent les réflexions du genre « Il a un beau p’tit cul de gars-là, j’en ferais bien mon weekend de pluie.

De bleu, de bleu… les filles ! C’est vrai que le mec Vinestine (comme on dit là-bas), les violeurs et les profiteurs de filles sans défense ne méritent que la taule ; mais, de grâce, laissez-nous vous dire que vous êtes jolie, belle, élégante, attirante ! Laissez-nous vous inviter pour un café, un apéritif, un repas et plus si entente ! Laissez-nous vous « galanter », vous faire marrer, vous intéresser ou même vous offrir des fleurs !

Sinon qu’est-ce qu’on va se faire ch… !

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

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13/10/2017

Constantin de Tourbillon

De bleu, de bleu…. !

Pour les ceusses d’entre vous qui n’auraient pas oublié leurs humanités, la saga Christian Constantin vaut bien quelque référence littéraire et une pinte de bon Fendant (dont on sait qu’il remplace aisément le sang dans les artères).

Bref ! Constantin de Tourbillon me fait bigrement penser aux « Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon » qui bercèrent de fou rire mon adolescence attardée et soignèrent plus tard mon acné juvénile.

Que Daudet me pardonne donc l’emprunt honteux (mais assumé) que je vais faire, ici, de sa prose.

Plantons le décor : Or donc Constantin de Tourbillon donna trois baffes à Fringer de Habsbourg alors que, selon lui, cela en valait bien dix ; c’est le prix courant des trahisons sur les mercatos du foutballe. Il faut dire qu’on a le sang chaud à Tourbillon. Là-bas, ce qu’on appelle l’eau bouillie, c’est quelques tranches de saucifflard, un morceau de frommegomme, et une rasade de Johannisse (la valeur de la rasade varie selon les matchs). Du coup les crânes valescos bouillent sous le soleil de la tribune nord-est, à faire sauter tous les couvercles.

Pourtant l’Octodurien (ou du tout) n’a rien d’un mec de Sion mais, très jeune déjà, il fut attiré par de plus grands villages. Cette vie de petit bourg frappé par tous les vents lui pesait, l’étouffait. Le grand homme du coude du Rhône s’ennuyait au coude du Rhône. Il rêvait d’un destin hors du commun, il rêvait que chaque jour le Nouvelliste et le Matin de Lôzanne lui accordassent quelques colonnes.

Un jour enfin, par la grâce des fouteux, Constantin de Tourbillon pût accéder au Graal : ON parlait de lui et peu lui importait, en fait, qu’on en parlât en mal ou en bien. Enfin, chaque jour, chaque nuit on parlait de lui.

Mais survint le syndrome d’Icare. A trop s’approcher du soleil les ailes du succès se mirent à fondre. Les anges de l’entraînement, furent congédiés les uns après les autres, les coupes se cassèrent, l’Europe s’éloignait. Alors, Constantin de Tourbillon, avec sa rage d’aventures, de besoin d’émotions fortes, se dit que ce ne serait pas folie de distribuer baffes et coup de pied au cul à son principal détracteur. Même ses irréductibles laudateurs en furent tout marris.

Et comment diantre, en eût pu-t-il être autrement ?

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

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