10/02/2017

Mimile et les nouveaux G'nevois

De bleu, de bleu… !

Hé té colle ! T’as vu l’articulet de Mabut dans la Julie ?

Y paraît que Genève aurait « fabriqué » plus de six mille G’nevois en huit lustres.  Mécolle, ça m’étonne qu’à moitié quand je vois tous les rigadins dans la rue qu’ont pas bien le faciès ascétique des calvinistes ni celui plus rougeaud des cathos d’avant la réformation. Ni une, ni deux, fort de l’information, j’ai foncé au bureau d’la Queue-d’Arve (le bistrot des boulistes) où j’étais sûr de trouver mon pote Mimile, luthérien peu pratiquant, Vieux-Grenadier très assidu et ancré depuis une quinzaine de générations au moins aux Grottes. C’est un sacré nière Mimile, il a tout vu, tout fait, tout envisagé. S’est même fait lourder du Collège Rigot pour avoir fait trempette à poil, avec sa copine de Voltaire, un jour de Picoulet, dans la fontaine du Puits-Saint-Pierre. Son daron, qu’était mécano chez Perrot-Duval, a réussi à le faire réintégrer compte tenu d’ses notes en latin et en français qu’étaient plutôt au-dessus d’la moyenne. Parmi ses exploits : se faire un maximum de flouze à l’Escalade en récitant les soixante-huit strophes du Cé qué l’aino dans les bistrots genevois. Soit les clients le priaient d’arrêter à la dixième en le gratifiant du pactole, soit ils prenaient les paris qu’il n’y arriverait pas et là encore y s’faisait du blé l’Mimile. Sa mère, qu’on appelait Madame Pantruche, en souvenir de sa lune de miel sous la Tour Eiffel, tenait une petite épicerie à Montbrillant. On y fauchait d’temps à autres des avelines sous le regard réprobateur du rejeton. Quand j’lui filé sous le nez le papier de Mabut, l’en revenait pas Mimile. Six mille ? K’il répétait en boucle. Six mille ? De dzou ! Et combien de Portugais tu dis ? Mille trois cents en 2015 ?

L’a dû boire une chope de bière teintée au schnaps pour s’remettre. J’vous passe ses commentaires graveleux et légèrement xénophobes sur le système poilu lusitanien, sur les spagouzes italoches ou les tortillas espingouines.

Et comment qu’on les fabrique ces G’nevois d’importation ? Y parlent le patois des Pâquis au moins ? Sont capables de réciter l’Empro ? (Petite contine genevoise des siècles passés qui permettait aux natifs de se reconnaître entre eux)

Et le v’là, extatique, ki me récite l’Empro, Girod, Carin, Caro, Dupuis, Simon, Carcaille, Brifon, Piron, Labordon, Tan, Té, Feuille, Meuille, Tan, Té, Clu! …

Vite fait j’me suis taillé avant ki m’donne la traduction.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois

18:35 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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