08/04/2017

Les jolis morts et les vilains morts

De bleu, de bleu… !

V’là mon neveu qui toque à ma porte sur le coup de neuf heures ce matin avec une requête qui provoque presque aussitôt de solides embrouillamini dans mon cortex légèrement ankylosé.

 « Dis Tonton, je dois faire un devoir pour le collège et tu devrais pouvoir m’aider, toi qui as fait plus de mille jours de service militaire. »

« Un peu mon neveu ! » que je rétorque en le priant de s’installer sur la toile cirée de la cuisine tout en lançant, d’un air supérieur : « Alors de quoi s’agit-il ? »

« Voilà l’énoncé : Qui tape sur qui en Syrie et dites-nous pourquoi »

Aïe ! (et de bleu, de bleu… !)

Bon, il faut te dire que c’est un peu comme chez nous, une majorité de sunnites, une minorité d’alaouites, quelques chrétiens, quelques Kurdes. Des gens qui ne s’aimaient pas vraiment avant la guerre mais qui se supportaient. Et puis il y a eu le printemps arabe dans les pays du Maghreb et l’idée d’avoir le leur pour une petite partie des Syriens, ceux que l’on appelle aujourd’hui les rebelles et que le président Bachar-al-Assad a décidé de mettre au pas. Aux rebelles se sont alliés des mouvements radicaux islamistes ou des terroristes souvent venus d’ailleurs, comme Daech ou Al-Nosra et cinq autres familles djihadistes qui adorent décapiter les mécréants.

« Tu m’suis ? »

Furieux contre le régime en place, un certain nombre de pays, et surtout la France d’Hollande ont pris fait et cause contre Bachar et souvent encouragé la rébellion. Jusqu’au jour où tout s’est compliqué. Les Iraniens, les Russes et quelques autres sont venus au secours du régime en place et déclaré la guerre aux rebelles et aux terroristes. Les Américains, qui adorent jouer à pan pan cul cul comme au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan ont rejoint la coalition, mais seulement pour combattre Daech en donnant un coup de main aux Kurdes pourtant opposés au régime mais pas aux rebelles.

Tu m’suis toujours ?

Dans un premier temps ils ont fâché la Turquie et l’Arabie Saoudite, deux pays qui n’étaient pas trop favorables à Bachar.

« Dis-moi Tonton, j’viens d’entendre que Trump avait détruit une base aérienne syrienne dont les avions bombardaient les terroristes de Daech qui sont les ennemis de Trump et de Hollande. »

Là j’avoue que je ne savais plus trop quoi répondre. J’ai un peu étendu la mélasse de mes connaissances sur la tartine de mes explications lacunaires. Le pire, c’est quand mon neveu m’a posé une dernière question.

« Y a une différence entre les enfants tués par Trump lors du bombardement et ceux tués au gaz par Assad ? »

Oui mon neveu. Ceux de Trump et de Hollande sont de jolis morts et ceux de Assad ou de Poutine sont de vilains morts.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur g’nevois.

12:48 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Excellent et je suis certaine que si l'histoire Suisse avait été enseignée de cette manière sûr que les leçons auraient eut plus de succès
très belle journée

Écrit par : lovejoie | 08/04/2017

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