27/11/2017

Merde! Ariane a fichu le camp.

De bleu, de bleu… !

Tu parles d’une mauvaise nouvelle. Ariane Ferrier s’est tirée loin de ce bas monde qu’elle avait tant aimé. Raoul Riesen et Pierre Desproges doivent se réjouir. Je parie qu’ils lui ont déjà préparé une p’tite collation d’arrivée quelque part, là-haut, où tant de rédemption attend ceux et celles qui nous ont donné rires et plaisir.

J’aimais beaucoup Ariane. Chaque dimanche, c’est avec une certaine délectation que je lisais ses potins qu’elle me commentait lors de nos amicales et bidonnantes rencontres. Fille de banquier elle en avait la reconnaissance protestante mais aussi la révolte protestante. Petite-fille d’une authentique douairière issue de je ne sais plus quelle haute aristocratie européenne, elle m’avait conté qu’un jour, son aïeule, qui ne sortait pas beaucoup de chez elle, s’était enquise auprès d’elle : « Dites-moi Ariane, est-il vrai que les ouvriers possèdent aussi des automobiles ? »

J’aimais beaucoup Ariane. Elle avait le sens inné de la dérision et la perception de la tristesse du dérisoire. Polyglotte, remarquablement intelligente, il était rare que son rire ne l’emportât point sur ses colères.

Tenez ! à ce propos, il me souvient de la bordée qu’elle reçut d’un pasteur de l’Eglise réformée à la suite d’un de ses potins au vitriol consacré au joaillier Gilbert Albert, créateur d’une petite croix huguenote vendue sur catalogue. Il avait eu le malheur de prétendre que sa main avait été guidée par Dieu et Ariane, ne l’ayant pas épargné, fut convoquée par ledit pasteur auquel, après dix minutes d’engueulade monologuée elle répliqua par un magistral : « Monsieur le Pasteur, sachez que ma famille a un banc réservé à Saint Pierre depuis le 17e siècle, je n’ai donc pas de leçon à recevoir sur le Calvinisme ».

Gilbert Albert à qui la chose fut contée, moins rancunier, l’invita aussitôt dans ses ateliers de la Corraterie pour saucisonner le papet vaudois. Les deux devinrent meilleurs amis.

Faut dire qu’il était impossible de résister à son sourire… même narquois.

Or donc, Ariane s’est tirée et nos plumes sont orphelines.

De bleu, de bleu, chère Ariane, si vous avez des potins de là-haut, envoyez-les nous ! Vous nous manquez déjà.

Le Groumeur genevois

19:34 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

Commentaires

"Raoul Riesen et Pierre Desproges doivent se réjouir. Je parie qu’ils lui ont déjà préparé une p’tite collation d’arrivée quelque part, là-haut"

Vous n'avez pas l'impression de mélanger des choses qui n'ont rien à voir ? Riesen et Ferrier étaient sûrement des personnes sympathiques, et aussi respectables que n'importe qui. Mais entre Desproges et l'humour ouin-ouin, il y une marge.

Écrit par : Précision | 27/11/2017

Cela m'a secoué aussi. Ses présentations de film le lundi soir étaient des moments à ne rater sous aucun prétexte...
Mais revenons sur Terre...
Ainsi donc les Genevois saucissonnent le papet vaudois ? Qu'est-ce à dire ? Vous remplacez la saucisse aux choux par la longeole ?

Écrit par : Géo | 27/11/2017

Vu nos perspectives de vie ici bas dans l'immédiat, dans l'avenir proche et futur, je ne suis pas sûr qu'elle manque des moments historiquements impérissables! On peut aussi imaginer que dans l'au-delà il y a des choses paisibles et merveilleuses à vivre, et vu ce qu'elle a dû endurer et supporter ses dernières années ici, elle est aujourd'hui dans la paix ailleurs! Que l'avenir lui soit bien heureux où quelle se trouve!

Écrit par : dominique degoumois | 28/11/2017

Un éloge funèbre de Jean-Noël Cuénod, c'est comme mourir une deuxième fois. Et c'est là qu'on voit l'avantage de ne pas être connu...

Écrit par : Géo | 29/11/2017

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