07/06/2018

L'éclipse du Matin

 

De bleu, de bleu...!

Y va me manquer le journal des boulevards lausannois. J'apprends avec une infinie tristesse qu'il va disparaître au mois de juillet, au moment où les gonzes en train de se faire rôtir des saucisses au grill en ont le plus besoin pour se faire des chapeaux. Pauvres lecteurs que nous sommes. Où va-t-on trouver les grands reportages sur les habitudes sexuelles des Romands, la pose d'une bague sur l'estomac de Brélaz, le prix Congourt de Christian Constantin et le traitement des chats ayant attrapé une chtouille carabinée? Pire, la catastrophe est d'ailleurs annoncée, qu'est-ce ki va nous rester si même la Julie prédit de jouer les relations incestueuses avec le grand canard du Gros-de-Vaud et devenir, si l'on en croit les oracles (ô désespoir), le Wèlche-blic . Vous le voyez vous, le Ruetchi prendre ses quartiers à Lôzanne et le Mabut devenir correspondant aux Pâquis? Plaisanterie mise à part, les casques à boulons d'Outre-Sarine sont en train de laminer la presse romande plus vite que le direct qui relie Pont-Céard à Mies. Y sont pas tous seuls remarque! Les journalistes s'y sont mis aussi il y a déjà quelques années en oubliant que l'information n'est pas forcément malveillante et qu'elle peut être bien écrite. Si j'en crois mes lectures de plumard ce matin, j'ai un peu l'impression que les potes journaleux, sachant que la messe est dite, n'ont d'autre choix que de continuer à marner en faisant "comme si", des fois que le Pape François, bientôt à G'nève, allait nous r'faire le coup du miracle.
De bleu, de bleu...! Cela me rappelle un article q'une chercheuse américaine avait pondu il y a quelques mois à propos des journaux d'outre-grande-gouille, provocante, visionnaire elle titrait: Si vous aimez les canards, laissez-les mourir dans leur forme actuelle, demain ils ne seront plus que numériques. J'avais, comme tant d'autres, détesté son article. Elle y détaillait l'agonie aussi prudemment que les tweets de Trump nous annoncent la suprématie étazunienne..
Là-dessus je m'extrais de mon lit conjugal et me précipite à la cuisine où Bobonne a mijoté, fort à propos, un magret de canard. Et ce sera tout pour aujourd'hui.
Le Groumeur genevois.

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Commentaires

Les staubirnes ont le mérite d'être conséquents. Si nous les avons fait marrer quelque temps avec nos Genferei et autres faits divers un peu surprenants (pour eux), ils ont fini par comprendre que nous blablations et surtout que ce n'est pas rentable.
Autant se rétamer sec et passer à la suite si nous voulons espérer les voir soulever de temps en temps un sourcil. Parce que dans le genre nul à chier, nous n'avons rien à envier à quelque gus que ce soit, d'ici ou à l'autre bout du monde, derrière la barrière de röstis.
Faudra apprendre un jour à coller à la réalité du terroir sans chercher le scoop. Et pour ça, je me demande si nous avons encore besoin de journaleux.
Gilbert Salem me semble une bonne piste pour commencer.
De voir étalé sur le guéridon du salon tout ce que vous avez zappé durant votre petit séjour à l'hosto devrait vous donner une mesure de la cata.

Écrit par : Pierre Jenni | 07/06/2018

A force de toujours servir la même soupe mondialiste les lecteurs se lassent. Et d'ailleurs le Matin, tout comme l'Hebdo, est la victime de ce même mondialisme qu'il a toujours défendu, il ne devrait donc pas se plaindre.

Écrit par : Acharat | 09/06/2018

Merci Cher Groumeur pour votre description haute en couleurs mais si parlante du contenu du Matin ! Ceci suffit pour comprendre la disparition de ce canard ! J'espère que le magret était plus réussi que cette feuille de chou !

Écrit par : A. Piller | 12/06/2018

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