30/07/2018

Jean-Marc Richard chez les Richtos

De bleu, de bleu...!
C'matin, à peine potron-minet s'était-il fait la malle qu'un de mes potes de la Queue-d'Arve est venu toquer à mon modeste logis.

Y fait une cramine! m'a jeté mon copain Julot, vénérable rej'ton d'Isérables égaré chez les protestants, alors qu'il avait à peine franchi le seuil de ma lourde et posé deux bises gluantes sur la joue de Bobonne qui n'en demandait pas tant.

Y devait faire vraiment chaud dans le quartier à en juger par la tenue de plagiste repenti arboré par Papy; un vieux bob aux armes des Vieux-Grenadiers sur la tronche, un Marcel un peu dégouniousse sur les épaules et une paire de cuissettes des juniors du Servette des années nonante sur ses maigres cuissots. J'ose même pas vous décrire les panards du gusse débordant des tongues trop petites.

Y fait une cramine! a-t-il répété pour me faire comprendre qu'à partir de 33 degrés il n'allait réclamer que de la mousse bien fraîche et pas encore décapsulée.

C'est seulement après avoir flingué une demi boutanche de Schloesschenei du père Feld qu'il s'est fendu d'un: Et tézigue ça va? Tu t'remets à picoler? Ta cicatroche tient le pinard?
C'est un peu pour ce genre d'exquises politesses que j'apprécie Julot. L'est tout en nuances le Valesco.

T'as lu les aventures du mec de la téloche dans mon beau canton? m'a-t-il lancé entre deux puissantes éructations et trois borborygmes. Y m'a pas laissé le temps de répondre, se contentant d'apprécier mon hochement de tête avant que de poursuivre son récit:

Jean-Marc Richard ki s'appelle l'animateur chauvelu. Y s'est fait roustir dix sept balles pour deux ristrettes, une carafe d'eau et un sirop dans un bistrot d'altitude de Crans-Montana. ça fait une sacrée bouse dans les canards et les natelles.

J'ai essayé de lui dire qu'il s'agissait de buzz et non de bouses mais sa nature alpestre étant bien plus forte que ma culture de mec qui se tient au courant, je l'ai donc laissé à sa diatribe qui m'a permis de comprendre qu'il appréciait le gars Richard et un peu moins le bistrot de Chétzeron qu'il connaissait assez bien pour avoir tenté d'y monter à pinces mais qu'il avait dû y renoncer à cause de la poussière dégagée par le puissant quatre-quatre qui dépose les richtos à deux mille mêtres.

Furax Julot. D'autant qu'il venait de lire dans le Nouvelliste, son journal paroissial, qu'une mère Massy, prenant fait et cause pour la Casbah des Nababs expliquait que les pauvres n'avaient rien à f... dans un établissement de luxe et que c'était vachement cher de faire monter de la flotte pure à pareille altitude et gna, gna, gna et gna, gna, gna.

Une quatrième boutanche bien fraîche lui ayant permis de retrouver un air plus jouasse et un léger assoupissement, j'en ai profité pour lui rappeler deux bonnes nouvelles: T'as vu? Servette et Sion ont gagné. K'est-ce t'en penses?
L'en pensait rien du tout Julot. L'a collé deux nouvelles bises gluantes à Bobonne, m'a serré la pogne et s'est tiré en maugréant des imprécations qui résonnaient encore dans l'escalier lorsque j'ai fermé la lourde.
Et ce sera tout pour aujourd'hui.

Le Groumeur genevois.

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25/07/2018

Marmarin de Maracron dit Jupiter le deuxième


De bleu, de bleu...!
Je viens de lire des trucs vachement savants sur Macron, le Jupiter de l'Hexagone. Ainsi Jean-Noël Cuénod qui éclaire l'affaire "Belle salade" comme un néon un belle paire de guibaules, ainsi Pacal Décaillet qui prend à témoins Balzac, Plutarque, Shakespeare ou Marlon Brando dans le film "t'aurais pas une motte de beurre?".
Mais le pompon est venu ce matin quand j'ai zieuté mon poste de téloche et vu Jupiter le deuxième devant ses marcheurs de la première heure déclarer que c'était lui et lui seul le responsable du pétchi et que Belle salade était un mec bien qui avait juste faire une petite connerie... et qu'en plus, gna gna gna, il n'était pas son amant.

A ces mots Bobonne, qui sirotait tranquillement sa chicorée, a failli tomber dans les apis, à moins que ce ne soit sur la moquette du salon qui nous a coûté un bras chez Merlin. Mais pourquoi a-t-il besoin de dire que le mec Alexandre n'est pas son amant? s'est-elle exclamée.

Faut-il rappeler ici, pour les ceusses qui auraient seulement mascogné à l'examen d'histoire, que le gonze Jupiter, Dieu du ciel et de la terre, avait préféré épouser sa soeur plutôt que la serveuse du bar "Da Salerno" via Panisperna 17 à Rome, à deux pas du Colisée et des laiteries réunies. J'explique à Bobonne que c'est une manie chez les Dieux d'épouser leurs plus proches parents, naguère une soeur, aujourd'hui une maman et que, pour les fantaisies du plumard, tout est permis même les bougres et les mignons.

Etalant ma culture comme Bonnant ses topiques, Hank Vogel ses récits et les journalistes du Matin, privés de papelard, leurs aptitudes numériques, j'enchaîne en louant les mérites de Jupiter deux de Maracron qui, fidèle à ses rapprochements mythologiques, s'est trouvé en Bensalla, son roquet fidèle et préféré, comme Jupiter premier avait son aigle qui fondait sur ses proies lors des manifs campagnardes.

Toute ébaubie par tant de savantitude ma douce compagne, légèrement sarcastique, me traite de Dyonisos, vous savez, le p'tit gars qu'est sorti de la cuisse de Jupiter premier comme Castaner est sorti de celle de Jupiter deuxième.

Et ce sera tout pour aujourd'hui.

Le Groumeur genevois

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23/07/2018

Vive le sport

De bleu, de bleu...!
Pour une fois ce "de bleu, de bleu...!" introductif tombe pile poil. Vous vous souvenez de mes déboires (non je ne parle pas de bibine) qui m'ont valu quelques jours d'hosto et une énorme faignardise au plumard devant mon plasma géant concave et la joie très contenue de voir les bleus devenir héros nationaux et nos Suisses jouer à l'aigle albanais ratant son aire.
De bleu, de bleu...! J'adore le sport. Il les rend tous un peu barjots. A côté d'eux le père Donald de la série "à Washington tu trouveras pas plus bobet" présente un "Cul i" plus que respectable. J'adore ce bel été bien chaud et les tribulations d'un Tour de France où les commentateurs se plaisent à nous décrire deux courses: celle des besogneux luttant pour les places d'honneur et celle d'une équipe de huit gonzes-machines, tout de blanc vêtus et tout blanchis de tout soupçon de dopage grâce à l'intervention plutôt réussie d'une équipe d'avocats et d'un peu de pognon. Bref! les gars de la SKY donnent vraiment l'impression de se promener en spectateurs accompagnant la course des forçats.
Mais le plus marrant, dans cet été sportif, c'est le gonze Cricri de Martigny. Pas un jour depuis le début de la saison sans que sa tronche n'apparaisse en manchette de presse (naguère en coup de pied au cul) ou en image sur la lucarne de la téloche romande. On l'a vu au sommet du Cervin faire brûler des saucisses dans un baril de pétrole, dicter un bouquin à un nègre de plume (voir définition dans n'importe quel Larousse avant de m'accuser de racisme) et le distribuer tous ménages, lancer le projet d'un journal sportif comme l'avait fait Stäubli avant lui et, dernière foucade, interdire tout accès à son stade, à son staff et à ses joueurs aux pauvres journalistes du Nouvelliste, coupables de liberté de pensée et d'écrit. J'adore cette dernière histoire. V'là un mec qui veut lancer un canard mais qui déteste les journaleux quant ils ne sont pas serviles. J'ai déjà le titre: Brave Da et un slogan "le Journal qui vous dit tout sur *année, le mot préféré de CriCri."

Le Groumeur genevois

*Il y a douze MOI dans l'année

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