01/09/2018

Haro sur le Maudet!

De bleu, de bleu… !

Il existe, dans les légendes de c’coin-ci de la Grande Gouille, des chasses fantastiques que menaient le Diable et ses légions, constituées le plus souvent de revenants patibulaires, dégouniousses et cruels. Les pauvres gonzes qui les subissaient n’avaient que peu de chance d’en réchapper. Dès qu’ils entendaient résonner le cri de Taïaut dans les forêts ou les coins sombres, ils pressentaient que le moment de la zigouille n’allait tarder.

Or donc, ce matin, après deux tartoches à la confiture, un œuf poché, trois croissants au beurre et la mine renfrognée de Bobonne parce que j’avais renversé sa chicorée sur la nappe blanche en papelard à fleurs de lys (c’est mon côté un peu snobinard), j’me suis lancé dans la lecture des canards et autres gazettes multi-médiatiques.

De bleu, de bleu… !

Kèsqu’il déguste le Maudet ! J’ai l’impression de replonger dans La Fontaine (dans celui-là t’en ressors tout sec)  et ses malades de la peste. Je cite de mémoire à peine mitée : « Haro sur le Maudet, ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal. »

A part Segond qui, faux j’ton comme pas deux, lui vient en aide par ces mots de grande tendresse paternelle : « Il a simplement commis une grosse bêtise. » (Avec des amis-gonzes comme celui-là, t’as pas besoin d’ennemis). A part Segond – disais-je donc -  c’est la curée (comme disait un ami pasteur). Passent encore les cris d’effroi d’Ensemble à gauche, PS, Verts et autre Mcg qui jouent au bilboquet en espérant que la bouboule s’empale enfin, mais le pire vient de son camp dans le genre : « Si on le déglingue, comment on se répartit ses abatis ? » C’est tout droit tiré du dicton franchouillard : « A défaut de frapper l’âne frappe le bât ».

C’est rigolo mais j’éprouve tout-à-coup une profonde sympathie pour le B(m)audet sur lequel tout l’monde tape à qui mieux mieux sans même savoir au juste ce qu’on lui reproche vraiment. J’ai même entendu dans le tram une gonzesse (brune pour une fois), qui n’avait pas vraiment compris de quoi parlait sa cope, dire sa pitié pour le pôvre Maudet qui serait à bout d’habits.

Bref ! Tout ça finira en eau de boudin de Carre-d’Aval à moins que, comme dans la fable « Sa pécadille fut jugée cas pendable » et qu’il en mourût.

Tiens bon Maudet !

 

Le Groumeur genevois

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Commentaires

Ouais, mais de l'eau de boudin qui commence à nous monter jusqu'aux calebards. Quand on était mômes et qu'on disait qu'on v'nait de g'nève ça f'sait classe. Aujourd'hui on ne dépasse plus le niveau du marchand de panosses. Fô dire qu'avec ces toute cette maffe politique qui ont transformé la ville en souk c'est le cours naturel des choses. T'a qu'à voir la rade et le centre ville ça ressemble maintenant plus qu'à un luna park. Les sissi impératrices elles veulent plus venir dans ce gourbi. G'nève c'est plus que paroles et paroles, et si t'ouvre bien tes esgourdes ça veut dire pognon et pognon. Salut. Bientôt on se tirera tous de c'souk.

Écrit par : Groum 2 | 01/09/2018

"J’ai l’impression de replonger dans La Fontaine (dans celui-là t’en ressors tout sec) et ses malades de la peste."
Sauf que le Maudet n'est pas le baudet de service de la fable, mais le roi de la fable. Alors non, il n'est pas un bouc émissaire, mais quelqu'un qui a trahi la confiance qui avait été placée en lui par un certain nombre de citoyens. J'évoquerai plutôt une autre fable en la circonstance: la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf. Ou quand on se croit tout permis. Y compris de vouloir traquer la désinformation quand il a lui-même menti. Quel hypocrite! Et vous lui dites de tenir bon? Bonjour les valeurs! Il doit démissionner pour avoir tout le loisir de préparer sa défense.

Écrit par : Daniel | 01/09/2018

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