17/10/2018

Devine qui m'a fait Roi!

De bleu, de bleu....!

A vous qui lirez ce titre et le papelard qui suit, n'y voyez aucune ressemblance! Donc n'attendez pas de nouvelles révélations sur la chute de Maudet (jusque là ça va il ne s'est pas encore écrabouillé sur le sol), ni sur le désamour des Franchouillards pour Macron (Il ne s'en rend pas compte tellement Bribri s'emploie à protéger son poussin d'amour)

Rien de tout ça. Encore que pour une fois la titraille résume assez bien l'fond de ma pensée que vous trouverez quelque part aux tréfonds de mon ciboulot. J'vous résume:

Bobonne et moi étions hier soir élégamment avachis sur notre canapé en zieutant la téloche (je dis élégamment parce que j'avais gardé mon falzard et Bobonne son sous-tif).

Sur l'écran, Henry, Charles, Albert, David, Duc de Sussex, plus couramment appelé Prince Harry, sixième dans la succession au trône, et sa donzelle roturière Meghan Markle, rendaient visite à leurs lointains sujets d'Océanie.

Et j'te fais des courbettes, et j't'embrasse, et je t'enlace, et j'te dis toute mon admiration (et je n'ose pas te dire que t'es mal rasé et que le chapeau d'ta gonzesse est aussi laid que ceux de la Reine Mère...)

C'est à ce moment-là que Bobonne s'est renfrognée et m'a jeté:

- Pourquoi t'es couillon et pas roi?

Sur le coup j'n'ai pas vraiment eu la réponse vive et immédiate qui fait mon succès auprès de mes potes de la Queue-d'Arve. Même Sartre aurait été vachement coincé par la question.

- C'eût été vachement bonnard - a-t-elle poursuivi dans la bonne conjugaison - on habiterait un château avec plein de domestiques, on aurait du pognon, une Rolls et des tas de sujets qui brandiraient des drapeaux g'nevois sur notre passage.

De bleu, de bleu...!

En y réfléchissant j'me suis dit que la royauté était une sacrée connerie qui n'faisait rêver que les midinettes. J'me suis vaguement rappelé qu'en constitutionnel j'avais lu l'bouquin d'un certain Loewenstein qui avait assez bien résumé le cas.

"Est monarchique l'Etat dans lequel se rencontre un personnage qui porte le titre de roi ou d'empereur en invoquant un droit divin et qui choisit pour symboles le trône et la couronne."

Dans l'fond cette histoire du droit divin est assez commode.

J'me suis fabriqué une couronne en papier, j'suis allé posé mes miches sur le trône des toilettes, j'ai appelé Bobonne qui s'est ramenée vite fait et je lui ai annoncé la bonne nouvelle:

Voilà! Tu as devant toi, par droit divin, le Roi Couillon Ier de la Servette. Et rassure-toi, j'ai posé la question à Dieu. Comme il ne m'a pas répondu j'imagine qu'il n'y a vu aucune objection. 

C'est étrange Bobonne ne m'a plus adressé la parole de la soirée.

Le Groumeur genevois

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02/10/2018

Petit conte de nuit sur un sujet tabou

De bleu, de bleu...!

J'ai fait une drôle de cauchemar la nuit dernière. J'en ai même mouillé ma liquette Calida.
J'vous résume: Tonio Hodgers avait jeté au ruclon la dépouille trouée de Maudet. Fier comme le bar tabac d'la rue de Lyon d'avoir déglingué son rival, il était devenu tout puissant.

Propulsé peu après au Conseil fédéral en remplacement de Sma-i-li Leuthard il avait réussi à convaincre l'Assemblée fédérale de déclarer la Suisse "Etat Nation du seul peuple catholique" et retirant au suisse-allemand, au rétho-roman et à l'Italien leur statut de langues officielles à côté du français. Genève devenait, du même coup, la capitale de la Suisse où les ambassades devraient désormais s'établir et quitter Berne. Mieux encore, le droit à l'autodétermination n'appartiendrait qu'aux seuls cathos.

Protestants, juifs, musulmans étaient ratiboisés et exclus du droit naturel, culturel, historique et religieux de notre si charmant pays.

Dans mon cauchemar y avait bien quelques nières qui poussaient des brâmées. Manuel Tornare annonçait (sic) avec stupéfaction et tristesse la mort de la démocratie, Jacques-Simon Eggly en appelait à la P26, mais rien n'y faisait, pas même les grands rassemblements des Alémaniques sur l'ancienne Place fédérale et les polentas géantes de protestation sur la Piazza Grande de Locarno.

Le Tonio, pourtant victime de la dictature argentine, se comportait aussi mal que Videla. Pire même: Pour mieux se situer dans la chronologie de son règne, il avait un peu hésité entre le calendrier Julien et le républicain franchouille pour finalement trancher comme Napoléon : en ce deux octobre nous étions un truc comme le décadi de Vendémiaire 227, ce qui, il faut l'avouer, avait une autre gueule que le 19 septembre 2018 du calendrier Julien.
J'en étais là de mon cauchemar quand j'ai reçu sur le coin de la gueule l'oreiller de Bobonne qui râlait comme la Mère Royaume quand le Père Royaume pratiquait l'escalade.

J'ai failli tomber du plumard en me réveillant et c'est alors que j'me suis rendu compte que mon inconscient, on s'demande bien pourquoi, avait confondu l'Etat nation de Netanyaou et celui d''Hodgers.

Et ce sera tout pour aujourd'hui.

Le Groumeur genevois

PS. Ce petit conte n'a évidemment rien à voir avec des personnes ou des Etats ayant existé, donc pas besoin de me tancer vilain.

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