• T'as pas quatre tunes?

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    De bleu, de bleu...!

    J'adore les fouteux! Vous savez ces gonzes qui tapent sur des ballons qui ne leur ont rien fait. Minot, j'avais tenté de faire comme eux à Versoix sans comprendre pourquoi les entraîneurs du Servette m'oubliaient chaque fois qu'ils venaient pêcher un de mes coéquipiers. Et pourtant, avec mes godasses Graf pour tirer les pointus j'avais l'impression d'être un vrai cador.

    Tudieu les tunes que j'me s'rais faites si j'avais été Messi ou Cruyff!

    J'en étais là de mes rêves de gloriole quand Bobonne a sorti son tire jus en m'annonçant qu'on venait de repêcher deux sièges du zinc qu'avait plongé dans les eaux froides de Guernesey et noyé un fouteux nommé Sala et son pilote.

    Or donc, elle avait à peine fini de moucher son adorable pif et essuyé une ou deux larmes lorsqu'elle m'a annoncé qu'elle allait piquer vingt balles dans nos éconocroques et les verser à un machin lancé sur la toile qui s'appelle Krao foune dingue* et qui permet de réunir des fonds pour toutes sortes de trucs, en l'occurence pour aller chercher au fond de la mer les deux pôvres gusses.

    Sans mon café pfümli je crois bien que j'aurais fait une Sainte-Cope.

    Y a donc ici bas des nières assez pommes pour donner du pognon pour ce genre de combines?

    Attends avant de m'engueuler!

    J' suis sûr que le mec Sala aurait été un peu surpris de la démarche lui qui venait d'se faire un p'tit salaire d'un million par an dans son club canari.

    Dans le fond c'est comme si on lançait un Krao foune dingue pour aider Ronaldo à payer les vingt millions qu'il doit à l'Espagne pour fraude fiscale ou un autre pour Maudet afin de l'aider à tenir jusqu'au mois de juin afin qu'il touche sa rente à vie plutôt que les malheureux quatre-cent-trente mille balles s'il démissionnait aujourd'hui.

    De bleu, de bleu...! J'ai tout essayé mais ma midinette y est allée de ses quatre tunes.

    Et ce s'ra tout pour aujourd'hui

    Le Groumeur genevois
    * Juste pour vous rassurer sur ma curiosité légendaire: Crowdfunding = financement participatif

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  • Peau de Maud(âne)... selon Perrault

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    De bleu, de bleu...!
    Il était une fois un parti si aimé de ses peuples, si respecté de tous ses voisins et de ses alliés, qu'on pouvait dire qu'il était le plus exemplaire de tous.

    La magnificence, le goût et l'abondance régnaient dans son palais ; les députés étaient sages et habiles ; les courtisans, vertueux et attachés (.) les domestiques, fidèles et laborieux ; les écuries, vastes et remplies des plus beaux chevaux du monde (.) mais ce qui étonnait les étrangers qui venaient admirer ces belles écuries, c'est qu'au lieu le plus apparent un âne étalait sa superbe.

    Ce n'était pas par fantaisie, mais avec raison, que ses partisans lui avait donné une place particulière et distinguée en le nommant Ministre. Les vertus de ce rare animal méritaient cette distinction, puisque la nature l'avait formé si extraordinaire.

    Et, patatras, voilà que survint un vil Vizir qui lui offrit formule un, aéroplane et toutes sortes de joyeuses babioles...

    J'adore les contes. Même si j'ai (si peu) trahi Perrault.

    Vous en connaissez la suite mais pas encore la fin.
    Car il s'accroche le baudet, t'as beau lui f... des coups de pied dans l'arrière-train ou lui présenter quelque savoureuse carotte, l'est pas prêt à franchir le Rubicon et céder aux ceusses qui le voudraient ailleurs qu'au pré. Même qu'il attaque l'animal! Prêt au coup de pied de l'âne sur les fesses des procs.

    Et, si j'ai bien tout pigé, la césure entre les pros et les anti Baudet, se résume dans le fond entre les libéraux et les radicaux qui viennent de comprendre qu'ils auraient mieux fait de rester sagement dans leurs propres écuries.

    Et ce sera tout pour aujourd'hui

    Le Groumeur genevois.

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  • Alors Carlos, on rit ghosn?

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    De bleu, de bleu...!
    Alors là, après avoir lu, vu, relu et revu la triste histoire du Pédégé de Renault-Nissan, Bobonne et moi avons décidé d'aller brûler à son intention un cierge à deux pas de chez nous, à Notre Dame, dans la seule cathédrale que les protestants n'ont pas chouravée aux cathos.

    J'vous explique mon immense empathie pour lui et les larmes de Bobonne:

    Or donc, si l'on en croit les journalistes français, les Japes le traitent vraiment mal le pôvre gonze libano-franco-brésilien.

    C'est vrai ça. Qu'est-ce qu'on lui reproche au juste? Rien! Des pécadilles, de minuscules légèretés. La dissimulation de quelques dizaines de millions au fisc, des abus de confiance, des pertes personnelles épongées en puisant dans la caisse de la boîte, des appartes de luxe payés par l'employeur.

    Rien j'vous dis!

    Voilà un gonze qui gagne à peine plus que vous et moi, une dizaine de millions par année, qui voyage en jet privé, qui est à tu et à toi avec Macron et sa Bribri d'amour... et qu'on habille en kimono, qu'on jette sur un vulgaire tatami dans une cellule individuelle. Pire: au lieu de son caviar en tartine il ne reçoit que trois bols de riz et des baguettes, même pas une fourchette à quatre chagnottes alors que dans les taules françaises il aurait pu partager sa cellule et les chiottes à la turc avec de joyeux camarades, taper l'carton et engueuler les matons quand le boeuf bourguignon avait un peu de bidoche.

    C'est une justice archaïque hurlent en choeur les journalistes, les pénalistes et les politiques. C'est quoi cette présomption de culpabilité alors que nous autres, héritiers de la Révolution, considérons innocent, jusqu'au jugement, le taré qui assassine les petites filles.

    J'vous l'dis moi y a pas d'justice au pays du soleil levant. Il paraît qu'on l'aurait même démis de ses fonctions de pédégé de Nissan, filiale du groupe Renault qui, lui, a eu la délicatesse de le rassurer en lui conservant sa confiance, son poste et sa rémunération.
    Heureusement qu'il reste des conseils d'administration et des gouvernements élégants dans ce monde de brutes Samouraïs.

    Aux dernières nouvelles, si l'on en croit les méchantes rumeurs, il aurait quitté le régime fiscal français en 2012 car les vilains socialistes de François Hollande voulaient lui roustir un peu de pognon par l'impôt sur la fortune, à lui, un type décoré de la Grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique.

    Quand on a quitté Notre-Dame, Bobonne et moi, on était à nouveau tout jouasse et on est allé bouffer des frites et une entrecôte dans notre bistrot préféré.
    Et ce sera tout en ce dimanche frisquet.

    Le Groumeur genevois

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