Pour les G'nevois qui causent natif

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De bleu, de bleu… !

Un lecteur, le même qui m'avait demandé d'écrire en français, attentif,aux dérives de ma langue de groumeur patenté me défie de rédiger un blog en parler genevois pur sucre. Chiche ? Je place entre parenthèses les traductions.

D'abord tchao au gonze Mabut qui quémande l'AVS dès c'ouikènede.

Et lui dire que comme mécolle (moi) il va pouvoir se régaler à la lecture des canards franchouillards.

V’là que Baban (le grand Dadais) Philippe vient de proroger son alliance avec Cafiot (le nabot) Macron ; les deux nières prétendent que ça va bouguillonner (remuer) le Grand Débat. Déjà qu’il était tout de bisingue (de traviole) et que les alangués (babillards) de la téloche amprogeaient (récitaient une kyrielles d’allemandages (commentaires de style commérage).

Tudieu le bousin (lieu mal famé) qu’est dev’nue la môme France-la-bourdiffaille (un peu zinzin). Hier et aujourd’hui tu pouvais changer de chaîne toutes les minutes sur le TNT (transmetteur des nouvelles télés), t’étais sûr de tomber sur Baban ou Cafiot.

Même chez Dame Elkrief ou Sieur Décaillet tu pouvais palper les agnettes (t’en avais pour ton argent) ; ça barjaquait (causait) dans tous les sens, mélangeant la caçibraille (canaille) des beaux quartiers, où les Gilets jaunes jetaient les pavés, « qu’on allait sécuriser » au « nettoyage du boiton » (écurie) que s’rait devenue la capitale des Gaules.

J’suis même parti à cupesse (à la renverse) tellement j’me fendais la geule qund j’voyais Cafiot ouvrir les bras « à la Grand Charles pour dire "Français je vous ai entendus »; du coup j’me suis ébriqué (abimé) l’fion .

Mézigue j’aime bien Philippe. Y m’fait penser au grand dadais qu’on remarque dans les pièces de Boulevard. L’est idéal en cocu magnifique. Y s'est j'té dans la marche de Cafiot, a reçu le trône de premier Ministre comme on reçoit son premier pot de chambre. "Va mon fils! Dès maintenant plus de couche culottes! T'ès grand.

Pendant ce temps, Cafiot, en véritable armolau (gagne petit) qu’aurait l’espoir de gagner trois tunes à la roulette ou chez Rotschild fait la trounée des (maires) popottes. Ouvre grandes tes esgourdes tu l’entendras débloter (dire des conneries) pour tenter d'imiter le grand Charlot.

Cafiot, toujours bouguillon (il remue sans cesse), avec sa blonde, y paraissent tous les deux des branlettes (tiges de ciboule) qu’on aurait mises dans un cassoton (petite casserole) trop chaud.

Cécolle, tu lui donnerais le Bon Dieu sans ki passe à con-fesse ! Propre sur lui, invoquant Jeanne (d’Orléans) et Jésus (mon concierge) et pourfendant l'Helvétie en disant que le référendoume est une couennerie.

Or donc, le Grand Débat qui finira comme le coq: chantant les pieds dans la gadoue (j’avais un autre mot), ressemble à une vraie chaple (tuerie). Sont tous en train de se chigougner (bagarrer) ou de jouer à la vicelarde clicli-mouchette (jeu d’enfants pas sages qui se joue dans l’obscurité).

Tous des niolus (simplets) qui visent à ressembler à une tralée (multitude) d’énarques (club très chic produisant des déficits chroniques) qui auraient confondu Ginette, gilette jaune du Rond-Point de Toulouse, avec une tire-gouine (mauvaise viande).

Bon, ce s’ra tout pour aujourd’hui ; y a Bobonne ki m’dit de chader (me grouiller) la longeole bien diotue (ferme) est servie ! J’y cours sinon elle va péguer (enrager).

Le Groumeur g’nevois.

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Commentaires

  • le bousin (lieu mal famé) : de bouse donc le merdier.
    boiton » (écurie) : oui, mais du caillon (cochon). A portée de cuisine, pour les déchets...
    "la capitale des Gaules." Lyon ? Bourges ?
    "l’fion ." Pas de traduction ? C'est pas gentil pour les Fion et Fiona...
    "bouguillon" ce serait pas plutôt "bougillon" ?
    "branlettes (tiges de ciboule)" Euh, vous êtes sûr ? J'ai une copine française qui était venue me trouver en Gruyère, à Epagny. Elle était morte de rire en voyant le "Pont qui branle"...

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