26/04/2017

Le Groumeur sur le 38ème parallèle

De bleu, de bleu… !

J’viens de r’cevoir un coup de bigophone de mon n’veu. Ronchon qu’il était le rejeton de mon frangin que j’avais tenté d’aider pour son devoir de littérature. (cf. blog précédent) « J’n’ai eu que huit sur dix. La faute à ta rime sur Fillon François que tu voyais vainqueur à coup sûr. La prochaine fois va falloir qu’on fasse plutôt rimer Macron ou Le Pen. Sarcastique mon prof gaucho… et vachement dégueu quand il m’a dit que j’n’étais pas très bon en Madame Soleil. Mais rassure-toi Tonton! J'tai pas dégonflé. »

C'est vrai que j'nai pas été très fortiche sur ce coup là; comme Christian Luluche j'misais plutôt sur l'mari d'Pénélope, malgré les casseroles. Bref! j’ai eu toutes les peines du monde à consoler le p’tit couillon si digne de son tonton. Faut dire que j’n’avais pas vraiment la tronche à ça, encore s’coué par mes p’tites vacances. J’vous raconte :

Or donc, Bobonne et moi avons profité des fêtes pascales pour prendre un gros zoubeille à Cointrin et voler vers le 38ème parallèle. Pour les gonzes k’auraient pas suivi l’actu de ces soixante-dix dernières années, le 38ème parallèle est le lieu géographique, entre les deux Corée, où des militaires amerloques, suisses et suédois ont veillé et veillent encore au grain.

Panmunjŏm k’ça s’appelle.

De bleu, de bleu… ! C’est l’coin le plus étrange que j’aie vu dans ma vie de voyageur. Une sorte de parc national en friche totale bordé de chaque côté par des barbelés. Un millier de kilomètres carrés où faune et flore sont, paraît-il, l’une des merveilles de la planète, malgré le million de mines enterrées. Au milieu, une sorte de passage étroit, deux immeubles à l’architecture futuriste et luxueuse qui se font face à une cinquantaine de mètres de distance et des gusses en treillis, armés de jumelles et de fusils, qui s’observent à longueurs d’années depuis des lustres.

T’ajoutes à ça des cars de touristes venus de Séoul et de Pyong-Yang et t'en ressors en pensant que l’humanité n’est pas prête à s’humaniser. Le réchauffement climatique, à côté de ce genre de conflits armés ou larvés, c’est du pipi d’minet.

Faut dire aussi qu’on est tombé au bon moment. On sentait les nières en treillis plutôt tendus et nous recommandant aucun geste inapproprié vis-à-vis des glorieux défenseurs du nordique et ptigros Kim-Jong-Un menaçant de lancer une bombe nucléaire sur la Trumpette de Washington qui voulait répliquer du bord de son porte-avions par un jet de bombinettes GBU 43 de dix mille kilos pièce.

Du coup on est rentré à Séoul un peu amortis et nous sommes jetés sur un « Bibimpap » qui nous a réconciliés avec le monde civilisé. Un peu de riz, de la bidoche et des légumes sojatés : rien de tel pur te faire oublier les desseins belliqueux des « p’tits d’ce monde ».

Le Groumeur g’nevois.

 

 

 

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10/04/2017

Un Micron qui voulait être un Macron

De bleu, de bleu… !

V’là mon n’veu qui débarque dans ma crêche fier comme un bar-tabac. Dix qu’il a eu, le p’tit salaud, grâce à Mécolle, pour son devoir sur la Syrie. « Faut que tu m’aides Tonton ! Ce coup-ci je dois écrire une fable sur la présidentielle française en m’inspirant d’Ésope ou de La Fontaine. Et moi, j’sais même pas qui est Ésope ».

Or donc, tandis que mon n’veu se vautrait sur la toile cirée de la table de cuisine, j’me disais qu’à mon époque, à Calvin, on nous proposait des thèmes bien plus jouasses. Un jour j’ai même dû rédiger une dissertation sur « Les impressions d’un trou de tabouret. »

On y a passé deux plombes à sa poésie, lui le crayon HB bien affûté et moi avec les Fables de Jeannot Du-puits pour l’inspiration. Voilà c’qu’ça donne :

 

Un Micron eut pour Président

Un homme qui lui sembla bien banal

Et lui, qui se jugeait beau et force talent

Envieux s’enfle, trahit et se fait la malle

Pour égaler le Hollande en meilleur ;

Disant : Regardez-moi, sondeurs,

Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ?

Bribri, maman-épouse tant et plus le gonfla,

Que bientôt en ballon sa tête ressembla

Vous n’en approchez point. Le chétif pécore,

S’enfla si bien qu’en baudruche il creva.

Les autres, on le sait bien, ne seraient pas plus sages

Marine ici et là aboyant son message

Mélenchon hologramme avant que d’être fantôme

Benoît suçant ses mots comme le ferait un môme

La France est pleine de gens qui ne sont pas plus sages,

Beaucoup iront à l’urne comme on irait à Lourdes

Pour qu’enfin d’la cacade on tournerait la page.

Même Ségo la royale se la jouerait moins gourde

Ce jour-là l’Elysée, Matignon auront leur nouveau roi :

Et sans surprise sans doute, ce s’ra Fillon François

Promis juré : jusqu’aux vacances scolaires je n’ouvrirai plus ma lourde à la progéniture de mon frangin.

Et ce s’ra tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur g’nevois

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12/03/2017

Outre Versoix

 

De bleu, de bleu… !

Y s’passe pas un jour sans que nos amis politicards d’outre Versoix nous inventent quelque nouvelle faribole. C’est à croire que leur pinard du Lavaux recèle des vertus inconnues jusqu’ici. P’têtre bien que ce sont les nouvelles sulfates qui leur font perdre leur légendaire torpeur.

Tu vas voir ki vont remplacer leur fameuse devise : « Méfiance, méfiance… prudence, prudence ! » par « A fond les tracteurs ! » Tiens, l’aut’jour, j’ai vu Broulis, l’acropolien d’la Palud, nous vanter à la téloche, les millions de visiteurs ki vont s’précipiter au nouveau « Pôle muséal » d’la gare de Lôzane dès ki s’ra construit. Désormais y aura deux trucs à voir dans ce coin-là : le lard du Comptoir et l’art du Quai d’la gare.

C’matin c’est encore pire ! De bleu, de bleu… ! Reviens vite Brélaz, y savent plus c’ki font!

Or donc, c’matin, enfoui dans les coussins de mon thé-rhum préféré, et après avoir débarrassé mon canard du dimanche des vingt-sept kilos de pub encartée qui l’encombraient, j’me lance dans la lecture du dit canard, pleure un bon coup sur la défaite des p’tits gars de Mc Sornette en hockey, en rigole un autre sur la quieutée des p’tits gars de Malley et m’étouffe avec mon croissant en découvrant la super idée de la blonde Moret, conseillère nationale de son état second.

J’vous résume : Avec le réchauffement climatique, la neige arrive plus tard aux Paccots, du coup faudrait voir à décaler les vacances scolaires et les allonger pour que les entrepreneurs de tire-fesses puissent gagner un peu plus de pognon.

C’est pas con, hein ? Dans l’temps y avait bien les vacances de patates pour que les mômes puissent donner un coup de main à la ferme.

Mécolle j’pense qu’en s’remuant encore plus ses neuronettes, la « guilluppe » Moret aurait pu proposer plus simple. Ya plus de neige en décembre ? Tu déplaces Noël et le Nouvel-An un mois plus tard. Y a plus d’neige en avril ? Tu déplaces Pâques en février et tu groupes les vacances des mioches. Même topo pour sauver les piscines publiques : y a du soleil en mai et en juin, tu mets à mi-temps la scolarité en supprimant définitivement les branches inutiles.

Dis donc Moret ! T’as pensé un  peu aux môme avant de penser aux subventionnés ?

C’est comme les sessions des chambres, faut être un peu conozots pour les placer en jours ouvrables hors été ; m’est avis qu’on pourrait les grouper en juillet et en août, ça renforcerait la fréquentation des troquets bernois et l’extrême imagination des édiles.

 

Le Groumeur genevois.

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