10/04/2017

Un Micron qui voulait être un Macron

De bleu, de bleu… !

V’là mon n’veu qui débarque dans ma crêche fier comme un bar-tabac. Dix qu’il a eu, le p’tit salaud, grâce à Mécolle, pour son devoir sur la Syrie. « Faut que tu m’aides Tonton ! Ce coup-ci je dois écrire une fable sur la présidentielle française en m’inspirant d’Ésope ou de La Fontaine. Et moi, j’sais même pas qui est Ésope ».

Or donc, tandis que mon n’veu se vautrait sur la toile cirée de la table de cuisine, j’me disais qu’à mon époque, à Calvin, on nous proposait des thèmes bien plus jouasses. Un jour j’ai même dû rédiger une dissertation sur « Les impressions d’un trou de tabouret. »

On y a passé deux plombes à sa poésie, lui le crayon HB bien affûté et moi avec les Fables de Jeannot Du-puits pour l’inspiration. Voilà c’qu’ça donne :

 

Un Micron eut pour Président

Un homme qui lui sembla bien banal

Et lui, qui se jugeait beau et force talent

Envieux s’enfle, trahit et se fait la malle

Pour égaler le Hollande en meilleur ;

Disant : Regardez-moi, sondeurs,

Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ?

Bribri, maman-épouse tant et plus le gonfla,

Que bientôt en ballon sa tête ressembla

Vous n’en approchez point. Le chétif pécore,

S’enfla si bien qu’en baudruche il creva.

Les autres, on le sait bien, ne seraient pas plus sages

Marine ici et là aboyant son message

Mélenchon hologramme avant que d’être fantôme

Benoît suçant ses mots comme le ferait un môme

La France est pleine de gens qui ne sont pas plus sages,

Beaucoup iront à l’urne comme on irait à Lourdes

Pour qu’enfin d’la cacade on tournerait la page.

Même Ségo la royale se la jouerait moins gourde

Ce jour-là l’Elysée, Matignon auront leur nouveau roi :

Et sans surprise sans doute, ce s’ra Fillon François

Promis juré : jusqu’aux vacances scolaires je n’ouvrirai plus ma lourde à la progéniture de mon frangin.

Et ce s’ra tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur g’nevois

17:19 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

12/03/2017

Outre Versoix

 

De bleu, de bleu… !

Y s’passe pas un jour sans que nos amis politicards d’outre Versoix nous inventent quelque nouvelle faribole. C’est à croire que leur pinard du Lavaux recèle des vertus inconnues jusqu’ici. P’têtre bien que ce sont les nouvelles sulfates qui leur font perdre leur légendaire torpeur.

Tu vas voir ki vont remplacer leur fameuse devise : « Méfiance, méfiance… prudence, prudence ! » par « A fond les tracteurs ! » Tiens, l’aut’jour, j’ai vu Broulis, l’acropolien d’la Palud, nous vanter à la téloche, les millions de visiteurs ki vont s’précipiter au nouveau « Pôle muséal » d’la gare de Lôzane dès ki s’ra construit. Désormais y aura deux trucs à voir dans ce coin-là : le lard du Comptoir et l’art du Quai d’la gare.

C’matin c’est encore pire ! De bleu, de bleu… ! Reviens vite Brélaz, y savent plus c’ki font!

Or donc, c’matin, enfoui dans les coussins de mon thé-rhum préféré, et après avoir débarrassé mon canard du dimanche des vingt-sept kilos de pub encartée qui l’encombraient, j’me lance dans la lecture du dit canard, pleure un bon coup sur la défaite des p’tits gars de Mc Sornette en hockey, en rigole un autre sur la quieutée des p’tits gars de Malley et m’étouffe avec mon croissant en découvrant la super idée de la blonde Moret, conseillère nationale de son état second.

J’vous résume : Avec le réchauffement climatique, la neige arrive plus tard aux Paccots, du coup faudrait voir à décaler les vacances scolaires et les allonger pour que les entrepreneurs de tire-fesses puissent gagner un peu plus de pognon.

C’est pas con, hein ? Dans l’temps y avait bien les vacances de patates pour que les mômes puissent donner un coup de main à la ferme.

Mécolle j’pense qu’en s’remuant encore plus ses neuronettes, la « guilluppe » Moret aurait pu proposer plus simple. Ya plus de neige en décembre ? Tu déplaces Noël et le Nouvel-An un mois plus tard. Y a plus d’neige en avril ? Tu déplaces Pâques en février et tu groupes les vacances des mioches. Même topo pour sauver les piscines publiques : y a du soleil en mai et en juin, tu mets à mi-temps la scolarité en supprimant définitivement les branches inutiles.

Dis donc Moret ! T’as pensé un  peu aux môme avant de penser aux subventionnés ?

C’est comme les sessions des chambres, faut être un peu conozots pour les placer en jours ouvrables hors été ; m’est avis qu’on pourrait les grouper en juillet et en août, ça renforcerait la fréquentation des troquets bernois et l’extrême imagination des édiles.

 

Le Groumeur genevois.

10:00 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

03/03/2017

Sauvez Barthasse!

 

 De bleu, de bleu…

V’là qu’les niolus et les journaleux cherchent des noises au mec Barthasse. Fait pas bon être péouse par les temps qui courent, même quand le péouse en question est dev’nu Conseiller d’Etat.

Mécolle j’les aime bien les Barthasse, surtout un avec qui j’ai fréquenté les bonnes écoles cathos et qui nous bassinait avec les récits de Compesières et sa commanderie, et son Saint Sylvestre, daron de l’église, et ses patati et bartassat. On avait beau lui dire qu’on s’en tamponnait les cardons et les cuisses de poulettes, il insistait cézigue « Vous n’êtes que des rabat-joie, des Jean foutre… ! »

J’me suis vengé un dimanche à l’heure de la grand messe sur le stade de fotteballe voisin. Une piquette on leur a mis aux chevaliers de la commanderie. Il l’a un peu moins ramené son ratelier. L’est même dev’nu carrément le bon nière quand y nous a invités à la ferme pour bouffer des abattis de cochon que son père v’nait de tuer avec un solide coup de marteau entre les deux yeux. Un de nos potes a dégobillé, un autre a eu un semblant de vertige et moi, lâche comme un perdreau qu’aurait appris que la chasse allait s’faire au lance flammes, j’ai prétexté un rendez-vous bidon avec ma mère sur les quais d’Versoix.

Au fait j’en étais où ?

Ah ouais ? Barthasse. Tudieu comme ça vole bas dans la mare aux canards !

Pour la comm..unication mon vieux Luc, va falloir appeler Piccard à la rescousse, cézigue c’est le seul mec capable de vous enphysiquer  n’importe quel  suppositoire à idée dans c’ki t’reste de cervelet après quatre trépanations et un stage chez les Vieux Grenadiers.

Non mais t’as lu sa prose. « J’voulais faire mes paiements à la poste avant de partir me faire bronzer la tronche et j’avais plus rien dans ma fouille… le faisant j’ai sauvé la dite poste. »

Comme dirait le mec des Marquises : « Faut vous dire que ces gens là M’sieur, on touche pas aux éconocroques.. on d’mande des avances… on compte ».

Perso j’trouve ça assez balèze comme raisonnement. Sont comme ça les péouses de l’ancien Duché d’Savoie ; faut toujours une réserve de foin, des fois qu’les aristos d’la rue des Granges voudraient refaire le coup d’la marmite sur leurs gueules en leur ponctionnant des impôts sur les « moissonneusesbatteuseskifontleboulotdesouvriers ».

Ben mon colon, y nous reste un geste à faire en priant Julie, la nanette de l’éponyme, qui fait la quête pour ses bonnes œuvres juste avant la Nativité, de lancer une action : Sauvez Barthasse ! Sauvez la poste !

Et ce s’ra tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur g’nevois.

15:00 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |