07/02/2017

La Toux

 

De bleu, de bleu… !

Je vous ai narré, dans un précédent papelard, les p’tites embrouilles ménagères et conjugales qui animent régulièrement, depuis une quinzaine d’années, le couple de merles chanteurs que nous formons, Bobonne et moi.

C’est ainsi que je faisais état de la visite de notre pote Julot, le Valesco qi’avait emmerdolé ma moitié à l’heure de la bectance.  

Or donc, tout se résume, pour les latinistes que vous êtes, par ces mots : « Mulier perpetuus infans » et, pour les ceusses qui n’auraient pas voulu durant leurs humanités réciter l’hymne du « Rosa, rosis » : « Les bonnes femmes traversent la vie en agitant sempiternellement  le hochet de leur enfance. »

Bref, après qu’elle ait dégommé Julot sur le pas de porte, elle m’avait étendu pour le compte avec des paroles définitives : « Le mariage est une suite de mauvaises humeurs durant la journée et une suite de mauvaises odeurs durant la nuit. » Sonné qu’j’étais, assommé, et j’avoue qu’il m’a fallu aller tâter du cochonnet à la Queue-d’Arve avec mes copains boulistes, boire un léger pastis et leur raconter la scène pour me sentir un peu mieux.

Mes potes, eux, y s’poilaient comme un régiment de parachutistes atterrissant sur des cactus.

T’aurais dû voir leurs tronches ! Ça a bien duré dix minutes.

Et qu’j’te rajoute des bruits incongrus. Et qu’j’te cite ses propres expériences.

Ça s’est un peu calmé, puis complètement, après qu’Henri (qu’est prof de littérature au collège Calvin) nous ait raconté par le menu un conte grivois de Maupassant au titre évocateur de « La toux » – simple licence poétique pour ne pas dire « Le pet ».

Rentrant chez moi, j’ai farfouillé dans ma bibliothèque, rien trouvé dans la Pléiade puis fini par dénicher l’oiseau rare enfoui dans les pages d’un livre de poche.

Mes amis, si vous voulez passer un bon moment… lisez « La Toux ».

Bref, fiérot comme un cure-dents qui n’a pas encore servi, j’en ai lu quelques pages à haute voix devant Bobonne à l’heure de la soupe de courge . Ben croyez-moi ! Jamais notre nuit n’a été aussi calme.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le groumeur genevois

14:47 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |