25/07/2018

Marmarin de Maracron dit Jupiter le deuxième


De bleu, de bleu...!
Je viens de lire des trucs vachement savants sur Macron, le Jupiter de l'Hexagone. Ainsi Jean-Noël Cuénod qui éclaire l'affaire "Belle salade" comme un néon un belle paire de guibaules, ainsi Pacal Décaillet qui prend à témoins Balzac, Plutarque, Shakespeare ou Marlon Brando dans le film "t'aurais pas une motte de beurre?".
Mais le pompon est venu ce matin quand j'ai zieuté mon poste de téloche et vu Jupiter le deuxième devant ses marcheurs de la première heure déclarer que c'était lui et lui seul le responsable du pétchi et que Belle salade était un mec bien qui avait juste faire une petite connerie... et qu'en plus, gna gna gna, il n'était pas son amant.

A ces mots Bobonne, qui sirotait tranquillement sa chicorée, a failli tomber dans les apis, à moins que ce ne soit sur la moquette du salon qui nous a coûté un bras chez Merlin. Mais pourquoi a-t-il besoin de dire que le mec Alexandre n'est pas son amant? s'est-elle exclamée.

Faut-il rappeler ici, pour les ceusses qui auraient seulement mascogné à l'examen d'histoire, que le gonze Jupiter, Dieu du ciel et de la terre, avait préféré épouser sa soeur plutôt que la serveuse du bar "Da Salerno" via Panisperna 17 à Rome, à deux pas du Colisée et des laiteries réunies. J'explique à Bobonne que c'est une manie chez les Dieux d'épouser leurs plus proches parents, naguère une soeur, aujourd'hui une maman et que, pour les fantaisies du plumard, tout est permis même les bougres et les mignons.

Etalant ma culture comme Bonnant ses topiques, Hank Vogel ses récits et les journalistes du Matin, privés de papelard, leurs aptitudes numériques, j'enchaîne en louant les mérites de Jupiter deux de Maracron qui, fidèle à ses rapprochements mythologiques, s'est trouvé en Bensalla, son roquet fidèle et préféré, comme Jupiter premier avait son aigle qui fondait sur ses proies lors des manifs campagnardes.

Toute ébaubie par tant de savantitude ma douce compagne, légèrement sarcastique, me traite de Dyonisos, vous savez, le p'tit gars qu'est sorti de la cuisse de Jupiter premier comme Castaner est sorti de celle de Jupiter deuxième.

Et ce sera tout pour aujourd'hui.

Le Groumeur genevois

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05/06/2018

Y a plus d'banquier!

De bleu, de bleu...!

Or donc, après avoir passé quelques jours à l'hosto en attendant que ma bidoche découpée au scalpel par une gracieuse chirurgienne reprenne à peu près la forme d'une fermeture-éclair Riri, me voilà de retour à la turne. Bobonne a profité de mon absence pour faire les à-fonds printaniers et placé sur ma table de nuit la collection complète des Julie que j'aurais ratées. Charmante attention s'il en est, agrémentée de quelques cadeaux princiers de mes potes de la Queue-d'Arve. Les Valescos m'ont gratifié de pinard, les Frouziens de Rebloche, mes compatriotes G'nevois, radins comme toujours, ont averti ma douce qu'ils me paieraient sûrement l'apéro un de ces jours (du genre "Demain on rase gratis") et un copain stauffifre, latiniste distingué malgré le handicap que représente sa naissance à Buchhotterberg, a collé sur le mur en face de mon plumard ce joli texte: Otium reficit vires. Mes latineries acquises à Saint-Antoine il y a quelques lustres et la confirmation trouvée dans mon vieux Gaffiot m'ayant permis de saisir toute  l'importance de la sentence (L'oisiveté reconstitue les forces), j'en fais part à Bobonne qui me jette ces paroles pleines de compréhension: "Ben mon colon! ça va pas beaucoup te changer".

De bleu, de bleu...! Elle piquerait la guêpe.  Là-dessus, fier comme Etienne Dumont après son dernier tatouage, j'arrange mes oreillers, me saisis d'une Julie au p'tit bonheur la chance, et pousse un cri d'effroi: "Ahaaaaa!" suivi d'une imprécation: "Atayu mon bidet", laquelle,  pour les gonzes qui n'étaient pas d'ici au 18e.s. signifie littéralement "Le tréteau qui supporte le cercueil va se péter la gueule".  Tu parles d'une nouvelle: Thierry Lombard va vendre son château de Bavois à l'encan. C'est-à-dire que Bobonne et moi allons pouvoir faire une offre dès dix ronds. Tudieu les mecs d'Carouge! ça ne vous tente pas de casser vos tirelires pour un week-end dans la plaine de l'Orbe (pas loin de la taule qui fait le bonheur des betteraviers et des embastillés)? Y a longtemps, je l'avais visité le pied-à-terre du banquier. Rien que la cheminée de la Salle des Chevaliers vaut plus cher qu'un ponton de la Société nautique. J'adore l'explication du proprio cédeur: "J'veux me recentrer sur mes affaires d'en-deça de la Versoix". Un peu comme si Barthassat préférait sa Harley à son ancien boulot. Bref! J'ai toujours dit que l'air du pays de Broulis et de Brélaz ne réussissait pas aux G'nevois. Dommage que Weinstein ne puisse plus s'y intéresser.  Y a même des baldaquins dans les dix-huit chambres.

Et je me contenterai de mon quatre pièces et demi avec vue sur la plaine de la Servette.

Le Groumeur genevois.

 

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28/10/2017

Ethnikos vs Polis

De bleu, de bleu… !

Queue-d’Arve, hier à trois heures.

V’là que Carlos, anthropologue de son état et pétanqueur amateur, vient de nous entretenir durant deux plombes du conflit opposant les Catalans aux Espagnols. Comme si on n’avait pas déjà assez de problèmes entre les ceusses de Pagani et les ceusses de Barazzone. Faut dire que Carlos a de qui tenir : son grand père a combattu les troupes de Franco en 36 et son père s’est enrôlé dans la Guardia civil de Figueras au début des années 60. Tiraillé entre deux pensées contradictoire donc, le Carlos ! Tiraillé entre deux langues aussi, celle de sa « Madre » une Castillane pure et dure et celle de son père, acquise autant sur les bancs d’école que sur les Ramblas !

Carlos est arrivé à l’Uni de Genève dans les années nonante et s’est établi rue de Fribourg où flottent encore aux fenêtres les drapeaux rouge et or. Quand on l’a connu, entre deux tapas et une topette de Rioja, il nous bassinait déjà avec « l’extraordinaire maturité politique des Espaingouins qui avaient su tirer un trait sur Papy Caudillo dans la paix et la monarchie parlementaire chère à Juanito Carlitos ».

De bleu, de bleu… !

Quand je suis rentré à la maison, j’ai d’mandé à Bobonne de s’préparer au pire. Selon l’ami Carlos, dans une vingtaine d’années, dans notre bonne vieille Europe, on va tous se f… sur la gueule sous prétexte d’Ethnikos.

J’vous explique : Les Grecs anciens (qui, entre nous n’étaient pas encore les pinces qu’il sont devenus) opposaient Polis à Ethnikos ; autrement dit les gusses appartenant à un Etat moderne et évolué et les nières appelant de leurs voeux un retour à un Etat archaïque et profondément tribal.

Or donc, et toujours pour Carlos, les indépendantistes catalans, corses, kosovars, basques, savoyards ou padaniens préfigurent un retour aussi brutal qu’attendu dans des sociétés tribales. Pour lui, il n’y a aucun doute, le gonze Puigdémont va se r’trouver en taule dans les jours qui viennent et les mecs de Barcelonikos et ceux de Madripolis vont se livrer à une sanglante bataille qui ne ressemblera pas à celle qui se joue sur les pelouses du Camp Nou ou de Santiago Bernabeu.

J’en étais là de mon discours à Bobonne quand elle a jeté : « Dans ma paella je mets des fruits de mer catalans ou des saucisses de la Mancha ? »

Pas rassuré mais crevant la dalle, j’me suis mis à table comme un Versoisien devant un plat de filets de perches.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

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