Air du temps - Page 3

  • De functus et autre Allo Ouine

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    De bleu, de bleu...!

    Remonté qu'il était mon copain Julot c'matin à l'heure de l'apéro! On d'vait être une dizaine à siroter tranquillement nos bibines respectives quand il a déboulé vers le zinc en vitupérant: C'est quoi ces conneries d'Allo Ouine? C'est quoi ces merdeux déguisés en zombies qui viennent vous tauper à point d'heure de la nuit alors que j'suis peinard devant mon poste de téloche. C'est à peine s'ils m'ont dit bonsoir et y zont fait franchement la gueule quand je leur dit que j'n'avais pas de bonbons et que de toute manière c'était mauvais pour leurs chaniottes.  Sont pas foutus d'attendre l'Escalade? Au moins là, tu peux les obliger à te raconter la Mère Royaume ou à te chanter les soixante-huit couplets du Cé qué l'ainô avant de leur filer un biffeton.

    Or donc on a bien essayé de lui expliquer les joies de la globalisation, rien n'y a fait; il a même réussi à nous plomber la dégustation des cacahouètes, en stigmatisant nos tronches d'enterrement en ce premier novembre.

    C'est ainsi qu'il est parti sur une diatribe qu'aurait pas reniée Warlu après son coup de pétard à la Réserve.
    Bande d'ignares - qu'il a vomi - tout en se jetant un grand verre de Perlan entre les mandibules. Faut dire que l'Julot avait usé ses culottes chez les cathos jésuites durant ses jeunes années. "En c'temps-là, messieurs, on n'pleurait pas les morts le jour de la Toussaint, en c'temps-là, la Toussaint c'était la fête de tous les Saints et la messe se chantait en blanc et non en noir".

    Pierrot a failli se prendre une mandale quand il a osé profaner l'instant par un retentissant: Saint Julot, priez pour nous! avant que s'ensuive, donné par le pré-opinant, un vrai cours de théologie pour les nuls, agrémenté de locutions latines et de borborygmes carougeois. "Si vous voulez pleurer sur vos tombes gardez ça pour d'main! Là ce s'ra le jour des morts".

    Calmé, l'Julot nous a rendus un peu plus intelligents en nous expliquant que le mot défunt venait du latin de functus autrement dit celui qui a rempli sa fonction, qui s'est retiré peinard en attendant que les vivants prient pour sa rédemption divine.

    Là-d'sus il a enfilé son paletot et, goguenard, s'est excusé en disant: "Désolé mais comme demain j'srai au turbin, j'vais au cimetière poser quelques fleurs sur feue ma tante Adèle".

    Et ce s'ra tout pour la Toussaint.

    Le Groumeur genevois

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  • T'es pas 2.0 técolle?

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    De bleu, de bleu… !

    On n’arrête pas le progrès !

    Mécolle, j’ai décidé que, dès demain, je serai le groumeur 2.0 (lisez deux, point, zéro). Comme j’en faisais part à Bobonne, elle a rétorqué que ça la changerait du gonze 1.0 (lisez un zéro) avec lequel elle partage son matelas Bicoflex depuis des lustres.

    Tout jouasse de mon auto-nomination, j’ai dévalé quatre à quatre les escaliers de ma turne pour aller prendre l’apéro avec mes potes d’la Queue-d’Arve ; croisant Maria-Lourdes, authentique Lusitanienne à moustache qui conciergise mon immeuble je lui ai annoncé la bonne nouvelle – qu’elle n’a pas pigée – et l’ai gratifiée d’une superbe promotion : désormais, compte tenu de ses vingt-trois années de panosse, elle sera Maria-Lourdes 2.0. Elle m’a zieuté l’air ahuri et j’ai juste entendu : Lé toujourche auchi dingoche le gache du chinquième !

    Se sont bien marrés mes potes boulistes quand je leur ai aussi attribué la qualification 2.0 pour leur fidélité à mézigue et à la bibine. Y en a qu’un, Arsène, retraité des TPG, qui a osé la question qui tue :

    C’est quoi deux points zéro ?

    Ben, c’est le truc du Conseiller d’Etat Leuba – a osé François, Lausannois pur sucre- une nouvelle patinoire baptisée 2.0 qu’ils construisent à Malley.

    Reusement, Gédéon de Landecy, abonné au canard 2.0 Le Temps, nous a expliqué le 2.0 en sortant un papelard de ses fouilles, tout heureux à l’idée que le papelard en question allait enfin servir.

    En gros les mecs - qu'il a dit-  si je pontifie un peu, c’est l'ensemble des techniques, des fonctionnalités et des usages qui ont suivi la forme originelle de la toile, le web si vous préférez, caractérisée par plus de simplicité et d'interactivité entre les utilisateurs. Elle concerne en particulier les interfaces et les échanges permettant aux internautes ayant peu de connaissances techniques de s'approprier de nouvelles fonctionnalités du web.

    On est tous restés comme des ronds de flans et, du coup, j’me suis demandé quel abruti avait décidé que le 2.0 allait désormais régir toutes les activités humaines et que les journaleux allaient s’y délecter.

    Les investigations sur Maudet, Ruiz, Broulis, De Quattro et les autres ? 2.0

    Les bains des Pâquis ? 2.0

    Lausanne-Servette ? 2-0

    Et ce sera tout pour aujourd’hui.

     

    Le Groumeur genevois 2.0

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  • Z'en ont marre du participe passé!

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    De bleu, de bleu… !

    Fichtre ! V’là que des faquins particulièrement inaptes à l’apprentitude de notre douce langue de Molière et de la Torracinta-Emery réunis souhaitent nous fourguer un nouvel accord du participe passé arguant  du fait que (prononcez arg-u-ant et non argant) nos pôvres têtes blondes, brunes ou iroquoises seraient en peine face au périlleux exercice.

    Bon c’est vrai que mécolle je f’rais mieux de la fermer alors que je massacre régulièrement le français au profit d’un sabir g’nevois pâquisard… mais, voyez-vous, on n’se r’fait pas.

    Déjà que les greluches nous avaient fait le coup avec la féminisation des mots, sauf bien sûr quand cela ne les arrangeait pas trop du genre : La sapeuse-pompière ou la cheftaine de clinique.

    Or donc voici les règlitudes dont on constatera à quel point elles sont vachardes (je connais même des gonzes politiciens qui n’ont jamais réussi  à en venir à bout lorsqu’ils sont invités à la téloche, c’est dire !) :

    Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire "avoir" s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct (COD), si celui-ci est placé avant :

    Ces nunuches je les ai conquises par la seule force du Coran(T. Ramadan)

    Cette escapade à Abu-Dhabi je l’ai payée avec les deniers d’un autre (P. Maudet)

     

    Si le complément d'objet direct est placé après ou s'il n'existe pas, le participe passé conjugué avec "avoir" reste invariable :

    J’ai conquis de haute lutte ces femmes de chambre. (D. Strauss Kahn)

    Je n’ai jamais fauté en Russie avec Géraldine. (P. Broulis)

     Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire "être" s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe :

     La langue française est foutue

    Le Collège du Conseil d’Etat genevois est formidable et ce sera tout pour aujourd’hui.

     

    Le Groumeur genevois

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