Humeur

  • Seraient pas un peu bobets ces Lausannois?

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    De Bleu, de bleu… !

    Si j’en crois les Gazettes et les rumeurs du palet (j’veux parler du Puck) les gonzes de la sécurité de la capitale olympique vaudoise auraient empêché le débarquement des deux cents supporteurs du G’nève-Servette venus assister ce wike-inde dernier au derby de hockey sur glace à la nouvelle patoche de Malley.

    Débarquement, car nos braves supporteurs, au lieu de s’empiler dans des cars qu’il faut arrêter en route pour faire pisser les mérinos et se ravitailler en bières et en sande -ouiches, avaient sagement choisi d’affréter un navire pour se rendre chez les suppôts du Major Davel afin d’y suivre la bataille de la glace.

    Tu parles d’une petitesse mesquine !

    Henry Dunant a dû se retourner dans sa tombe, lui dont le nom fut donné au navire des supporteurs. On a vraiment de bien petits problèmes, qu’il a dû se dire le bon samaritain de la guerre de Solférino qui fit quinze mille morts et des pétées de blessés.

    A côté de ça, quoi ? au pire, on risquait un œil poché, deux canettes brisées et une entorse dans l’enceinte sportive.

    Du coup, nos supporteurs sont remontés à bord du bateau et suivi la rencontre sur leurs smartphones et chanté le cé qué lainô en apprenant que G’nève-Servette avait mis la pâtée aux Lausannois.

    Et ce sera tout pour aujourd’hui.

    Le Groumeur genevois

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  • Le collapse du Dodo

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    De bleu, de bleu...!

    J'vous raconte. Cette nuit j'ai fait un rêve .

    Mon rêve, dans lequel Chavanne, Mendès-France, Fontanet, Clémenceau, Pidoux et quelques autres discouraient de politique sur l'estrade de l'Alma Mater, se passait devant une centaine d'étudiants ébahis par la hauteur de vue des pertinences, même si chacun s'enquérait auprès de son voisin du pedigree oublié des intervenants.
    L'affiche qui m'avait attiré dans l'aula portait le titre: "Homo Politicus, une race en voie de disparition", rappelant une bien triste aventure

    Or donc, l'histoire se passe en 1680, sur l'île Maurice. Un marin dont la postérité n'a pas rapporté le nom, massacre le dernier Dodo encore vivant sur notre bonne terre. Pour rappel, les Dodo sont une sorte d'oiseaux coureurs plutôt maladroits, incapables de voler, satisfaits de leur vie au grand air, solidaires les uns de autres mais dont ne sait pas vraiment à quoi ils ressemblaient même si la légende les imagine "balladuriens" pour le double menton et la voix de crécelle, avec un côté Maudet pour la goguenardise apparente et l'attente du gros lot du premier juin.

    Si je vous dis que l'on ne sait pas vraiment à quoi ils ressemblaient, c'est que le seul Dodo empaillé trônant dans un musée d'Oxford fut jeté au feu en 1755 par le conservateur du-dit musée qui trouvait qu'il puait. Les Mauriciens en ont fait leur symbole et l'ont imaginé en gros dindon placide dessiné ou sculpté dans toutes sortes de matériaux qu'ils vendent aux touristes en mal de souvenirs.

    La disparition du Dodo symbolise assez bien la disparition des politiciens et de leurs politiques traditionnelles: il y eut, il y a le printemps arabe, les gilets jaunes, la révolution au Soudan, le peuple d'Algérie dans la rue. Le monde a changé, le monde change, les réseaux sociaux sont nés et l'on ne mesure pas encore ce qu'ils suggéreront encore.
    Le monde est devenu ingérable car nous somme trop nombreux et il faut se faire à l'idée. Pour les générations futures le monde est carrément foutu. S'attaquer au plastique, aux émanations de gaz, à la consommation de viande, au nucléaire me fait penser aux enluminures des textes bibliques. C'est bien joli mais ça ne change pas les épîtres.
    Dans cette galère, quelles que soient les rames, l'homo politicus nage à contre-courant.
    Au problème de la démographie, à ceux de l'écologie, de l'alimentation, il répond par des singeries devant les caméras. Il faut lire le bouquin de Picq paru aux Editions Odile Jacob qui reprend la théorie de Darwin, mais à l'envers
    «La télévision, les communicateurs politiques ont changé la donne de la politique. Conséquence: pour éviter les bourdes, les politiciens n'osent plus parler. Ils sont davantage dans l'image et le comportement que dans le discours. Et, en ce sens, ils se rapprochent désormais des maîtres de la politique sans langage, c'est-à-dire les chimpanzés machiavéliques, parfois même démoniaques dont le pouvoir dépend des capacités des individus à constituer des coalitions et des alliances dans le but de monter dans la hiérarchie et de se maintenir dans l'exercice du pouvoir, de gagner les privilèges et d'en assumer plus ou ou moins bien les obligations morales envers ses alliés et les autres».

    Les Dodo de la politique ont donc disparu et, avec eux, l'acceptation par les peuples de leurs décisions. Ceux d'aujourd'hui ne sont sûrement pas plus mauvais que leurs aînés mais condamnés aux singeries puisque le reste ne fonctionne plus.
    Et, comme disait Bill Bryson dans une Histoire de tout ou presque: "Si vous avez l'intention de créer un organisme pour veiller sur notre vie, il vaudrait mieux confier le boulot à quelqu'un d'autre qu'à l'homo sapiens."
    Et ce sera tout pour aujourd'hui.

    Le Groumeur genevois

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  • On nous prend pour des c... et nous le sommes

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    De bleu, de bleu...!
    Z'avez vu les chiffres? - nous a balancé courroucé Julot c'matin - alors que nous avalions nos Alka Seltzer après les ribouldingues du premier de l'an.

    - Y a 107 145 nières à G'nève qui doivent se faire aider pour payer leurs cotis à la caisse maladie et moi j'en fais partie après une vie de turbin et des chagnottes bouffées par le mildiou -

    On n'aurait p't'être pas dû rigoler quand il a desserré ses mandibules pour nous montrer ses molaires déglinguées et ses canines pourries; mais ce fut plus fort que nous, on s'est bidonné jusqu'au moment où il a tenu à préciser que sa caisse maladie ne souhaitait pas participer au ravalement de son dentier. Là on a moins rigolé, surtout ceux qui n'osaient plus ouvrir leurs grandes gueules de peur que l'on observe leurs caries.

    De Bleu, de bleu...!

    C'est à partir de cette révélation que la mère patrie Helvetia en a pris pour son grade et que les digues du Pont de la Machine ont failli lâcher sous nos imprécations. Chacun y est allé de son histoire. Tout y est passé: les médocs suisses payés dix fois moins chers au Maroc, le prix du logement, le Paris Match à cent sous alors qu'il coûte trois balles en France, deux gobelets de mauvais cahoua à neuf francs soixante dans les CFF qui te piquent deux cents francs pour un aller et retour en seconde classe avec Bobonne quand tu vas visiter tes copains à Zuric ( c'est comme ça que la Julie écrivait Zürich il y a quelques lustres), le croissant à un balle dix ronds, j'en passe et des meilleurs.

    Quand Jean-Claude est intervenu on était déjà littéralement sur le cul. Il nous a achevés en nous montrant sur sa turlute électronique un site qui s'appelle baromètre des prix, ou un nom comme ça. Les gonzes, y z'ont comparé trente deux mêmes produits achetés dans les coopératives suisses et franchouillardes. Trente-six pour cent plus chérots à G'nève qu'à Annemasse...

    - Ouais mais vous gagnez plus de pognon chez vous, on peut pas comparer - a voulu conclure un pote d'Annecy qui travaille aux TPG et qui, le badinguet, ne devait pas s'en souvenir...

    Bref! pour un apéro du 2 janvier c'était pas vraiment jouasse.

    Ce fut encore moins jouasse quand un gusse m'a suggéré d'écrire ce blog.

    Dont acte

    Et ce sera tout pour aujourd'hui à part la formulation de mes voeux les plus sincères pour une année pleine de Maudet, de Barrazone, de traversées de la rade et de toutes sortes de genevoiseries dont nous raffolons.

    Le Groumeur genevois.

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