29/08/2018

Affaire conclue: Thierry Beccaro a fait un don à l'UNICEF

De bleu, de bleu...!

J'ai bien failli balancer ma téloche par la f'nêtre cet après-midi tandis que Bobonne, qui pourtant, avait un p'tit penchant pour le gonze, a été prise de nausées et risqué de dégobiller sur notre moquette rose de trente et un ans d'âge. Le gonze en question s'appelle Beccaro et anime quelques émissions pour les ménagères qui trompent le temps comme elles peuvent tandis que papy turbine.

Bobonne, qui fait partie de la cohorte d'icelles, m'avait à ce point bassiné que j'ai cédé et regardé avec elle un truc sur France 2: "Affaire conclue" qu'ça s'appelle. Des nières et de nièrettes anonymes tentent de vendre des vieilleries à des acheteurs antiquaires ou brocanteurs.

C'taprème y en a un qui a voulu fourguer une affiche des premières bicyclettes Peugeot, mais qui s'est fait rembarrer parce que son affiche était une simple reprode. Une autre a réussi à payer le permis de conduire de son p'tit fils en vendant un petit bronze assez coquet.

J'avoue, je confesse, que malgré mes attitudes de groumeur patenté je suis resté scotché comme un bourbon de dix ans d'âge, devant mon plasma coréen.

Or donc, tout se passait à merveille dans notre salon Louis Caisson, jusqu'au moment où a surgi dans l'émission le Beccaro en question. Larmoyant comme une crême anglaise qui aurait tourné bouillon de culture, le gugusse, est v'nu vendre une pièce de la monnaie de Paris, tirée à cent mille exemplaires à l'occase de la Coupe du Monde de foutballe de 1998 et d'une valeur de dix balles de l'époque.

C'est pour l'UNICEF, qu'il répétait le Beccaro. J'veux faire un geste, qu'il beuglait l'animateur, c'est une si belle cause, qu'il litaniait l'Italoche.

Furieuse comme un pou qui aurait dégringolé d'une touffe de tifs, Bobonne s'est ruée sur son ordi et découvert que le Beccaro serait le mieux payé des funambules franchouillards, posséderait une chaîne de restaurants, un parfum, un patrimoine immobilier, une ligne de vêtements, des royalties sur un bouquin pathétique; bref, il aurait amassé quelque quarante-six millions d'euros durant les douze derniers mois.

Et vlà un mec qui vient vendre une vulgaire piécette pour combler son orgueil et ses bonnes oeuvres sans songer un seul instant qu'il aurait p'têtre pu faire un chèque conséquent dans l'anonymat le plus strict.

Le pire, a conclu Bobonne, c'est qu'il a sûrement suscité des vocations et qu'on verra bientôt Drucker venir vendre la sonnette de son vélo pour les pauvres Rohingas et Line Renaud le slip qu'elle portait en 1945 aux Folies Belleville pour améliorer la diction des Cht'is.

Et ce sera tout pour aujourd'hui.

Le Groumeur genevois.

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12/04/2018

Des missiles bons, beaux et intelligents

De bleu, de bleu… ! Foi de groumeur genevois j’ai un peu de peine à m’y retrouver dans ce galimatias de nouvelles en provenance des grandes capitales. En gros, il paraîtrait que Bachar, aidé par ses petits camarades, aurait repris l’entier de son territoire de la Ghouta orientale.

Or donc, pour ceux qui n’auraient pas suivi le début, la Syrie est à feu et à sang depuis quelques années lorsque des rebelles syriens décidèrent de renverser  un pouvoir exorbitant et cruel.  S’en sont mêlés l’Etat islamique et quelques-unes de ses mouvances, les Etats-Unis, la France, la Russie, quelques autres Etats dont on ne sait pas trop ce qu’ils viennent faire là-dedans ainsi que de supposées armes chimiques dont Emmanuel Macron nous dit qu’il en a la preuve mais qu’il prendrait ses décisions punitives en « temps voulu et au moment le plus utile et efficace ».

De bleu, de bleu… !  Il règne pourtant un joyeux pétchi dans l’Hexagone ; les Universités bloquées, saccagées, les zones rurales en révolte, les zadistes en bataille rangée dans les Landes, les trafics ferroviaire et aérien en perdition… et voilà le jeune président français, ceinturon à l’heure et godillots cirés prêt à donner une leçon au vilain Bachar.

Mais le plus rigolo dans tout ça c’est Trump et ses « trumpettes de Jéricho » (je vous renvoie à vos chères humanités classiques). Fais gaffe Bachar – a-t-il touité – un de ces jours je vais te balancer sur la figure quelques « bons, nouveaux et intelligents missiles ». A côté de lui, Alexandre, Jules, Winston, Rommel, Attila, Joseph,  pour ne citer qu’eux ne sont que roupies de sansonnet.

Enfin il y a le maître du Kremlin qui jure ses grands Dieux que l’attaque chimique ne serait que pures billevesée et coquecigrue.

De bleu, de bleu… ! Avachis devant la téloche qui nous abreuve de ces nouvelles pas rassurantes, Bobonne et moi avons déjà dressé la liste des commis qui devraient nous permettre de tenir quelques semaines dans notre abri anti atomique.

En attendant quelqu’un pourrait-il nous dire la différence entre les armes létales nucléaires, chimiques, biologiques ou autres ? Y aurait-il de bons et de méchants bombardements ? De bons et de mauvais morts ? Les missiles intelligents sauront-ils distinguer les enfants des vieillards, les civils des militaires ?

Comme disait Sun Tzu dans « L’art de la guerre » à propos des chefs d'Etat : Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité.

A quoi, s’il avait vécu aujourd’hui ,  aurait-il pu ajouter: Quand vous êtes dépourvu d’idées pacifiques, touitez des menaces de mort.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

 

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27/11/2017

Merde! Ariane a fichu le camp.

De bleu, de bleu… !

Tu parles d’une mauvaise nouvelle. Ariane Ferrier s’est tirée loin de ce bas monde qu’elle avait tant aimé. Raoul Riesen et Pierre Desproges doivent se réjouir. Je parie qu’ils lui ont déjà préparé une p’tite collation d’arrivée quelque part, là-haut, où tant de rédemption attend ceux et celles qui nous ont donné rires et plaisir.

J’aimais beaucoup Ariane. Chaque dimanche, c’est avec une certaine délectation que je lisais ses potins qu’elle me commentait lors de nos amicales et bidonnantes rencontres. Fille de banquier elle en avait la reconnaissance protestante mais aussi la révolte protestante. Petite-fille d’une authentique douairière issue de je ne sais plus quelle haute aristocratie européenne, elle m’avait conté qu’un jour, son aïeule, qui ne sortait pas beaucoup de chez elle, s’était enquise auprès d’elle : « Dites-moi Ariane, est-il vrai que les ouvriers possèdent aussi des automobiles ? »

J’aimais beaucoup Ariane. Elle avait le sens inné de la dérision et la perception de la tristesse du dérisoire. Polyglotte, remarquablement intelligente, il était rare que son rire ne l’emportât point sur ses colères.

Tenez ! à ce propos, il me souvient de la bordée qu’elle reçut d’un pasteur de l’Eglise réformée à la suite d’un de ses potins au vitriol consacré au joaillier Gilbert Albert, créateur d’une petite croix huguenote vendue sur catalogue. Il avait eu le malheur de prétendre que sa main avait été guidée par Dieu et Ariane, ne l’ayant pas épargné, fut convoquée par ledit pasteur auquel, après dix minutes d’engueulade monologuée elle répliqua par un magistral : « Monsieur le Pasteur, sachez que ma famille a un banc réservé à Saint Pierre depuis le 17e siècle, je n’ai donc pas de leçon à recevoir sur le Calvinisme ».

Gilbert Albert à qui la chose fut contée, moins rancunier, l’invita aussitôt dans ses ateliers de la Corraterie pour saucisonner le papet vaudois. Les deux devinrent meilleurs amis.

Faut dire qu’il était impossible de résister à son sourire… même narquois.

Or donc, Ariane s’est tirée et nos plumes sont orphelines.

De bleu, de bleu, chère Ariane, si vous avez des potins de là-haut, envoyez-les nous ! Vous nous manquez déjà.

Le Groumeur genevois

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