12/04/2018

Des missiles bons, beaux et intelligents

De bleu, de bleu… ! Foi de groumeur genevois j’ai un peu de peine à m’y retrouver dans ce galimatias de nouvelles en provenance des grandes capitales. En gros, il paraîtrait que Bachar, aidé par ses petits camarades, aurait repris l’entier de son territoire de la Ghouta orientale.

Or donc, pour ceux qui n’auraient pas suivi le début, la Syrie est à feu et à sang depuis quelques années lorsque des rebelles syriens décidèrent de renverser  un pouvoir exorbitant et cruel.  S’en sont mêlés l’Etat islamique et quelques-unes de ses mouvances, les Etats-Unis, la France, la Russie, quelques autres Etats dont on ne sait pas trop ce qu’ils viennent faire là-dedans ainsi que de supposées armes chimiques dont Emmanuel Macron nous dit qu’il en a la preuve mais qu’il prendrait ses décisions punitives en « temps voulu et au moment le plus utile et efficace ».

De bleu, de bleu… !  Il règne pourtant un joyeux pétchi dans l’Hexagone ; les Universités bloquées, saccagées, les zones rurales en révolte, les zadistes en bataille rangée dans les Landes, les trafics ferroviaire et aérien en perdition… et voilà le jeune président français, ceinturon à l’heure et godillots cirés prêt à donner une leçon au vilain Bachar.

Mais le plus rigolo dans tout ça c’est Trump et ses « trumpettes de Jéricho » (je vous renvoie à vos chères humanités classiques). Fais gaffe Bachar – a-t-il touité – un de ces jours je vais te balancer sur la figure quelques « bons, nouveaux et intelligents missiles ». A côté de lui, Alexandre, Jules, Winston, Rommel, Attila, Joseph,  pour ne citer qu’eux ne sont que roupies de sansonnet.

Enfin il y a le maître du Kremlin qui jure ses grands Dieux que l’attaque chimique ne serait que pures billevesée et coquecigrue.

De bleu, de bleu… ! Avachis devant la téloche qui nous abreuve de ces nouvelles pas rassurantes, Bobonne et moi avons déjà dressé la liste des commis qui devraient nous permettre de tenir quelques semaines dans notre abri anti atomique.

En attendant quelqu’un pourrait-il nous dire la différence entre les armes létales nucléaires, chimiques, biologiques ou autres ? Y aurait-il de bons et de méchants bombardements ? De bons et de mauvais morts ? Les missiles intelligents sauront-ils distinguer les enfants des vieillards, les civils des militaires ?

Comme disait Sun Tzu dans « L’art de la guerre » à propos des chefs d'Etat : Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité.

A quoi, s’il avait vécu aujourd’hui ,  aurait-il pu ajouter: Quand vous êtes dépourvu d’idées pacifiques, touitez des menaces de mort.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

 

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27/11/2017

Merde! Ariane a fichu le camp.

De bleu, de bleu… !

Tu parles d’une mauvaise nouvelle. Ariane Ferrier s’est tirée loin de ce bas monde qu’elle avait tant aimé. Raoul Riesen et Pierre Desproges doivent se réjouir. Je parie qu’ils lui ont déjà préparé une p’tite collation d’arrivée quelque part, là-haut, où tant de rédemption attend ceux et celles qui nous ont donné rires et plaisir.

J’aimais beaucoup Ariane. Chaque dimanche, c’est avec une certaine délectation que je lisais ses potins qu’elle me commentait lors de nos amicales et bidonnantes rencontres. Fille de banquier elle en avait la reconnaissance protestante mais aussi la révolte protestante. Petite-fille d’une authentique douairière issue de je ne sais plus quelle haute aristocratie européenne, elle m’avait conté qu’un jour, son aïeule, qui ne sortait pas beaucoup de chez elle, s’était enquise auprès d’elle : « Dites-moi Ariane, est-il vrai que les ouvriers possèdent aussi des automobiles ? »

J’aimais beaucoup Ariane. Elle avait le sens inné de la dérision et la perception de la tristesse du dérisoire. Polyglotte, remarquablement intelligente, il était rare que son rire ne l’emportât point sur ses colères.

Tenez ! à ce propos, il me souvient de la bordée qu’elle reçut d’un pasteur de l’Eglise réformée à la suite d’un de ses potins au vitriol consacré au joaillier Gilbert Albert, créateur d’une petite croix huguenote vendue sur catalogue. Il avait eu le malheur de prétendre que sa main avait été guidée par Dieu et Ariane, ne l’ayant pas épargné, fut convoquée par ledit pasteur auquel, après dix minutes d’engueulade monologuée elle répliqua par un magistral : « Monsieur le Pasteur, sachez que ma famille a un banc réservé à Saint Pierre depuis le 17e siècle, je n’ai donc pas de leçon à recevoir sur le Calvinisme ».

Gilbert Albert à qui la chose fut contée, moins rancunier, l’invita aussitôt dans ses ateliers de la Corraterie pour saucisonner le papet vaudois. Les deux devinrent meilleurs amis.

Faut dire qu’il était impossible de résister à son sourire… même narquois.

Or donc, Ariane s’est tirée et nos plumes sont orphelines.

De bleu, de bleu, chère Ariane, si vous avez des potins de là-haut, envoyez-les nous ! Vous nous manquez déjà.

Le Groumeur genevois

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31/07/2017

Ségolène royalementgelée et les pôles

De bleu, de bleu… !

Envoyé par mon daron au-delà d’la grande gouille pour aller récupérer une idée amerloque de traversée d’la rade, j’ai failli piquer une crise. A peine installé dans mon estaminet californien avec chambre sur la piscine où s’ébrouaient deux gonzesses aux calebards aussi étroits que mes connaissances en arménien, j’ai vainement tenté d’introduire la prise de mon ordinateur dans la fiche électrique du mur. Que dalle ! Pas d’souci mon n’veu que j’me suis dit à moi-même dans la langue des canards (y avait plus de signes) ; prends ta trousse qu’ta préparée Bobonne ! Tu devrais y trouver tout l’attirail du parfait voyageur, du canif de la soldatesque aux fameux adaptateurs en plastoque qu’on trouve dans toutes les bonnes boucheries.

De bleu, de bleu… !

J’en ai sorti une quinzaine d’la trousse avec une petite liste amoureusement écrite par ma douce.

Pour le pays des Trumps tu prends le A ou le B, avec terre ou sans terre ( ?) (Franchement j’sais pas trop ce que vient fiche (électrique) la terre ici.)

Chez les Schtroumpfs européens, et pour quelques Africains tu prends le C qui pourrait aussi fonctionner en France si Macron n’a pas tout changé.

Dans le pays des vaches sacrées tu utilises le D. Tu peux pas t’gourrer, c’est celle qui a un point noir dessiné entre les deux bitognaux. (Un bitognal, des bitognaux)

Les E et F sont particulièrement réservés aux casques à boulons. Comme Angela Merkel, ils fonctionnent avec un clapet.

Le G, ah ! le G (Bobonne l’a écrit en rouge) quel orgasme que d’utiliser le G ! T’appuies dessus et tout s’illumine. Ces Rosbifs tout de même !

Fais gaffe à l’ H ! Il est coupant sur la tranche et ne s’utilise qu’en Israël.

T’auras pas besoin du I. Il ne sert que les Australiens et, d’ailleurs, j’ai pas été fichue d’en trouver un à la Placette.

Le J (ije) tu le connais. Nos zigues de Suisses on est les seuls dans l’monde à l’utiliser.

Chez les gonzes qui ont une p’tite sirène à poil dans leur joli port, tu lui branches le K ; tu verras l’effet !

Du côté des Italoches, c’est le L qui prévaut, le M c’est pour les Afrikaners et, enfin (merci Prévert), le N c’est pour danser la samba le soir à Copacabana.

De bleu, de bleu… !

J’viens d’passer une plombe à trier et j’suis pas foutu de trouver le fameux adaptateur de type A. Du coup j’vais devoir trouver un « Tool store » pas trop loin d’ma turne.

Ça m’fout dans une colère aussi noire que la rade dans la minute qui précède le feu d’artifice. Les Frouzes qui revendiquent le succès de la COP 21 et qui viennent de nommer la Gelée royale ambassadrice des pôles nord et sud, f’raient mieux d’faire activer l’adaptateur unique pour les pôles électriques, la même couleur pour indiquer les autoroutes, la conduite à droite unique, le même système de mesure et de vitesse etc. Là on d’viendrait vraiment écologique.

Sur ces entrefaites, je file à la boutique des outils en tous genres et j’vous laisse à vos occupations favorites.

A la r’voyure !

Le Groumeur genevois.

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