Le groumeur genevois - Page 2

  • Embrassons-nous Folleville! Et que renaisse Notre-Dame!

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    De Bleu, de bleu...!

    Au risque de dét(c)onner en ce petit matin blême, passée l'émotion des premières heures voilà que s'offre à la France une formidable opportunité: reconstruire, dans un élan national enfin réconcilié, le symbole culturelle et cultuel de mille ans d'histoire.

    Car la France, comme l'Italie, bénéficie encore d'un savoir-faire inégalé, celui hérité des artisans d'art et du compagnonnage. La forêt de la charpente a brûlé? Plutôt que d'envoyer en Chine les précieux chênes séculaires, voilà leur nouveau destin. Le grand orgue, les vitraux, les sculptures, les tableaux, les luminaires ont-ils été touchés? Plus de deux-cents métiers d'art sont recensés en France qui ne demanderont qu'à s'investir dans ces fabuleuses restaurations qui dureront sans doute quelques décennies.

    Car 'histoire se répète. Il y a deux siècles, Notre Dame se trouvait déjà au bord de la ruine quand Victor Hugo lança son sauvetage dans son roman

    "Si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant des dégradations, des mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière".

    L'appel d'Hugo puis celui de Prosper Mérimée, fut entendu et l'édifice, plus tard, complété par la flèche, hier anéantie, et les grotesques gargouilles qu'imposa Viollet-le-Duc l'architecte du patrimoine médiéval qui termina sa vie à Lausanne.

    Embrassons-nous Paris-Folleville!

    Le Groumeur genevois

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  • Le collapse du Dodo

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    De bleu, de bleu...!

    J'vous raconte. Cette nuit j'ai fait un rêve .

    Mon rêve, dans lequel Chavanne, Mendès-France, Fontanet, Clémenceau, Pidoux et quelques autres discouraient de politique sur l'estrade de l'Alma Mater, se passait devant une centaine d'étudiants ébahis par la hauteur de vue des pertinences, même si chacun s'enquérait auprès de son voisin du pedigree oublié des intervenants.
    L'affiche qui m'avait attiré dans l'aula portait le titre: "Homo Politicus, une race en voie de disparition", rappelant une bien triste aventure

    Or donc, l'histoire se passe en 1680, sur l'île Maurice. Un marin dont la postérité n'a pas rapporté le nom, massacre le dernier Dodo encore vivant sur notre bonne terre. Pour rappel, les Dodo sont une sorte d'oiseaux coureurs plutôt maladroits, incapables de voler, satisfaits de leur vie au grand air, solidaires les uns de autres mais dont ne sait pas vraiment à quoi ils ressemblaient même si la légende les imagine "balladuriens" pour le double menton et la voix de crécelle, avec un côté Maudet pour la goguenardise apparente et l'attente du gros lot du premier juin.

    Si je vous dis que l'on ne sait pas vraiment à quoi ils ressemblaient, c'est que le seul Dodo empaillé trônant dans un musée d'Oxford fut jeté au feu en 1755 par le conservateur du-dit musée qui trouvait qu'il puait. Les Mauriciens en ont fait leur symbole et l'ont imaginé en gros dindon placide dessiné ou sculpté dans toutes sortes de matériaux qu'ils vendent aux touristes en mal de souvenirs.

    La disparition du Dodo symbolise assez bien la disparition des politiciens et de leurs politiques traditionnelles: il y eut, il y a le printemps arabe, les gilets jaunes, la révolution au Soudan, le peuple d'Algérie dans la rue. Le monde a changé, le monde change, les réseaux sociaux sont nés et l'on ne mesure pas encore ce qu'ils suggéreront encore.
    Le monde est devenu ingérable car nous somme trop nombreux et il faut se faire à l'idée. Pour les générations futures le monde est carrément foutu. S'attaquer au plastique, aux émanations de gaz, à la consommation de viande, au nucléaire me fait penser aux enluminures des textes bibliques. C'est bien joli mais ça ne change pas les épîtres.
    Dans cette galère, quelles que soient les rames, l'homo politicus nage à contre-courant.
    Au problème de la démographie, à ceux de l'écologie, de l'alimentation, il répond par des singeries devant les caméras. Il faut lire le bouquin de Picq paru aux Editions Odile Jacob qui reprend la théorie de Darwin, mais à l'envers
    «La télévision, les communicateurs politiques ont changé la donne de la politique. Conséquence: pour éviter les bourdes, les politiciens n'osent plus parler. Ils sont davantage dans l'image et le comportement que dans le discours. Et, en ce sens, ils se rapprochent désormais des maîtres de la politique sans langage, c'est-à-dire les chimpanzés machiavéliques, parfois même démoniaques dont le pouvoir dépend des capacités des individus à constituer des coalitions et des alliances dans le but de monter dans la hiérarchie et de se maintenir dans l'exercice du pouvoir, de gagner les privilèges et d'en assumer plus ou ou moins bien les obligations morales envers ses alliés et les autres».

    Les Dodo de la politique ont donc disparu et, avec eux, l'acceptation par les peuples de leurs décisions. Ceux d'aujourd'hui ne sont sûrement pas plus mauvais que leurs aînés mais condamnés aux singeries puisque le reste ne fonctionne plus.
    Et, comme disait Bill Bryson dans une Histoire de tout ou presque: "Si vous avez l'intention de créer un organisme pour veiller sur notre vie, il vaudrait mieux confier le boulot à quelqu'un d'autre qu'à l'homo sapiens."
    Et ce sera tout pour aujourd'hui.

    Le Groumeur genevois

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  • Jo Johnny dans le rôle du narrateur

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    De bleu, de bleu...!


    Salut Jo! T'aurais eu cent ans c't'année et j'aurais eu bien du plaisir à échanger le bout de gras avec toi au 4, Quai-de-la-Poste comme on le fit si souvent après tes prestations à la Revue de Naftule.


    J'sais pas trop avec quels nières tu joues aux boules là-haut mais fais-moi une place près du cochonnet, j'devrais arriver dans quelques lustres.

    Quand j'étais môme mon père chantait à tue-tête l'air de Célestin de l'Auberge du Cheval-blanc qu'il t'avait vu interpréter à la Salle de la Réformation et Bobonne et moi avons suivi le mouvement en ne ratant aucun de tes spectacles les années qui ont suivi.


    Tu dois te bidonner là-haut Jo en lisant les canards numériques qui causent g'nevois. T'as dû lire l'article de 20 Minutes consacré au petit K* et à sa maman I*. C'est à chialer! J'te vois tout-à-fait dans le rôle du narrateur sur la scène d'la revue.

    Or donc, v'là un p'tit garçon de vingt-cinq balais, Hispano-Suisse, soupçonné de terrorisme en lien avec la décapitation d'une p'tite blonde scandinave au Maroc qu'aurait commise un de ses potes.


    Comment qu'tu nous l'aurais emballé le récit pathétique de la mousmé maman évoquant son petiot enfermé dans les taules marocaines:


    "Une fois, il m'a raconté avoir vu un cheval si maigre qu'il en a pleuré"


    "Il a peur du sang, c'est un enfant"


    "Ado, il m'a toujours tout dit: Maman j'ai fait une bêtise, j'ai commencé à prendre de la coke"


    "Il y a deux ans, on est allé à la plage en Espagne, on a bu de l'alcool, on a dansé, c'était excellent."


    "Et un radicalisé il fume pas de joint alors que lui en fume une quinzaine pas jour."


    "En 2015, il est parti au Maroc trouver une femme vierge."


    "C'est un complot (.) mon fils finira peut-être en asile psychiatrique"


    De bleu, de bleu...!


    Mais que fait la police? Que fait Maudet? C'est vraiment dégouniousse c'qu'on fait à notre concitoyen.
    Bon, c'est vrai qu'il a braqué une station-service, foutu le feu ici ou là, vendu de la drogue, fait quelques séjours en prison... j'en passe et des meilleurs.


    Et la preuve de son angélisme dans tout ça: Le pôvre gosse touche l'assurance invalidité. Pathétique!


    Et ce sera tout pour aujourd'hui. Salut Jo.


    Le Groumeur genevois.


    * Initiales des prénoms d'emprunt (J'adore ces licences poétiques)

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