02/10/2018

Petit conte de nuit sur un sujet tabou

De bleu, de bleu...!

J'ai fait une drôle de cauchemar la nuit dernière. J'en ai même mouillé ma liquette Calida.
J'vous résume: Tonio Hodgers avait jeté au ruclon la dépouille trouée de Maudet. Fier comme le bar tabac d'la rue de Lyon d'avoir déglingué son rival, il était devenu tout puissant.

Propulsé peu après au Conseil fédéral en remplacement de Sma-i-li Leuthard il avait réussi à convaincre l'Assemblée fédérale de déclarer la Suisse "Etat Nation du seul peuple catholique" et retirant au suisse-allemand, au rétho-roman et à l'Italien leur statut de langues officielles à côté du français. Genève devenait, du même coup, la capitale de la Suisse où les ambassades devraient désormais s'établir et quitter Berne. Mieux encore, le droit à l'autodétermination n'appartiendrait qu'aux seuls cathos.

Protestants, juifs, musulmans étaient ratiboisés et exclus du droit naturel, culturel, historique et religieux de notre si charmant pays.

Dans mon cauchemar y avait bien quelques nières qui poussaient des brâmées. Manuel Tornare annonçait (sic) avec stupéfaction et tristesse la mort de la démocratie, Jacques-Simon Eggly en appelait à la P26, mais rien n'y faisait, pas même les grands rassemblements des Alémaniques sur l'ancienne Place fédérale et les polentas géantes de protestation sur la Piazza Grande de Locarno.

Le Tonio, pourtant victime de la dictature argentine, se comportait aussi mal que Videla. Pire même: Pour mieux se situer dans la chronologie de son règne, il avait un peu hésité entre le calendrier Julien et le républicain franchouille pour finalement trancher comme Napoléon : en ce deux octobre nous étions un truc comme le décadi de Vendémiaire 227, ce qui, il faut l'avouer, avait une autre gueule que le 19 septembre 2018 du calendrier Julien.
J'en étais là de mon cauchemar quand j'ai reçu sur le coin de la gueule l'oreiller de Bobonne qui râlait comme la Mère Royaume quand le Père Royaume pratiquait l'escalade.

J'ai failli tomber du plumard en me réveillant et c'est alors que j'me suis rendu compte que mon inconscient, on s'demande bien pourquoi, avait confondu l'Etat nation de Netanyaou et celui d''Hodgers.

Et ce sera tout pour aujourd'hui.

Le Groumeur genevois

PS. Ce petit conte n'a évidemment rien à voir avec des personnes ou des Etats ayant existé, donc pas besoin de me tancer vilain.

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23/09/2018

T'es pas 2.0 técolle?

De bleu, de bleu… !

On n’arrête pas le progrès !

Mécolle, j’ai décidé que, dès demain, je serai le groumeur 2.0 (lisez deux, point, zéro). Comme j’en faisais part à Bobonne, elle a rétorqué que ça la changerait du gonze 1.0 (lisez un zéro) avec lequel elle partage son matelas Bicoflex depuis des lustres.

Tout jouasse de mon auto-nomination, j’ai dévalé quatre à quatre les escaliers de ma turne pour aller prendre l’apéro avec mes potes d’la Queue-d’Arve ; croisant Maria-Lourdes, authentique Lusitanienne à moustache qui conciergise mon immeuble je lui ai annoncé la bonne nouvelle – qu’elle n’a pas pigée – et l’ai gratifiée d’une superbe promotion : désormais, compte tenu de ses vingt-trois années de panosse, elle sera Maria-Lourdes 2.0. Elle m’a zieuté l’air ahuri et j’ai juste entendu : Lé toujourche auchi dingoche le gache du chinquième !

Se sont bien marrés mes potes boulistes quand je leur ai aussi attribué la qualification 2.0 pour leur fidélité à mézigue et à la bibine. Y en a qu’un, Arsène, retraité des TPG, qui a osé la question qui tue :

C’est quoi deux points zéro ?

Ben, c’est le truc du Conseiller d’Etat Leuba – a osé François, Lausannois pur sucre- une nouvelle patinoire baptisée 2.0 qu’ils construisent à Malley.

Reusement, Gédéon de Landecy, abonné au canard 2.0 Le Temps, nous a expliqué le 2.0 en sortant un papelard de ses fouilles, tout heureux à l’idée que le papelard en question allait enfin servir.

En gros les mecs - qu'il a dit-  si je pontifie un peu, c’est l'ensemble des techniques, des fonctionnalités et des usages qui ont suivi la forme originelle de la toile, le web si vous préférez, caractérisée par plus de simplicité et d'interactivité entre les utilisateurs. Elle concerne en particulier les interfaces et les échanges permettant aux internautes ayant peu de connaissances techniques de s'approprier de nouvelles fonctionnalités du web.

On est tous restés comme des ronds de flans et, du coup, j’me suis demandé quel abruti avait décidé que le 2.0 allait désormais régir toutes les activités humaines et que les journaleux allaient s’y délecter.

Les investigations sur Maudet, Ruiz, Broulis, De Quattro et les autres ? 2.0

Les bains des Pâquis ? 2.0

Lausanne-Servette ? 2-0

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

 

Le Groumeur genevois 2.0

09:32 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

17/09/2018

Z'en ont marre du participe passé!

De bleu, de bleu… !

Fichtre ! V’là que des faquins particulièrement inaptes à l’apprentitude de notre douce langue de Molière et de la Torracinta-Emery réunis souhaitent nous fourguer un nouvel accord du participe passé arguant  du fait que (prononcez arg-u-ant et non argant) nos pôvres têtes blondes, brunes ou iroquoises seraient en peine face au périlleux exercice.

Bon c’est vrai que mécolle je f’rais mieux de la fermer alors que je massacre régulièrement le français au profit d’un sabir g’nevois pâquisard… mais, voyez-vous, on n’se r’fait pas.

Déjà que les greluches nous avaient fait le coup avec la féminisation des mots, sauf bien sûr quand cela ne les arrangeait pas trop du genre : La sapeuse-pompière ou la cheftaine de clinique.

Or donc voici les règlitudes dont on constatera à quel point elles sont vachardes (je connais même des gonzes politiciens qui n’ont jamais réussi  à en venir à bout lorsqu’ils sont invités à la téloche, c’est dire !) :

Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire "avoir" s'accorde en genre et en nombre avec le complément d'objet direct (COD), si celui-ci est placé avant :

Ces nunuches je les ai conquises par la seule force du Coran(T. Ramadan)

Cette escapade à Abu-Dhabi je l’ai payée avec les deniers d’un autre (P. Maudet)

 

Si le complément d'objet direct est placé après ou s'il n'existe pas, le participe passé conjugué avec "avoir" reste invariable :

J’ai conquis de haute lutte ces femmes de chambre. (D. Strauss Kahn)

Je n’ai jamais fauté en Russie avec Géraldine. (P. Broulis)

 Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire "être" s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe :

 La langue française est foutue

Le Collège du Conseil d’Etat genevois est formidable et ce sera tout pour aujourd’hui.

 

Le Groumeur genevois

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