17/03/2017

Le poulet et le bancomat

 

De bleu, de bleu… !

Y a pas longtemps, dans un de ces bloguinets ki font ma joie quand j’les ponds (comme j’suis pas trop bégueule, j’me contente de peu) je vous parlais de mon copain Julot, ancien fonctionnaire valesco ka pris sa r’traite du côté de Carouge. Ce matin, à la Queue-d’Arve, il est v’nu entonner avec moi le chant des groumeurs. Tout y est passé, de Mc Sornette à la môme Gousse-mais-jolie ka r’çu quarante mille balles pour sa déception, de la bonne-main offerte par Berne aux r’traités avec un petit détour par le Stade de G’nève et l’événement à pas rater : le match au sommet du fotteballe, Suisse-Lettonie.

Jusqu’à c’passage la conversation filait bon train, mais c’est à c’moment-là que l’ami Julot n’a pu s’empêcher de sortir l’une de ses citations qui vous trouent le popotin : « Les flics, ça a deux façons de s’bagnauder, ou ils roulent les mécaniques, ou ils pètent de trouille ! »

Ça paraissait tellement définitif et incongru que j’en suis resté comme deux ronds de Flamby quand il annonce qu’il s’ra pas candidat. Tu parles de quoi ?

« Non, mais tu vis sur la cour ou quoi ? – T’as pas lu ? »

Et là, Julot s’est lancé dans une diatribe que même un litre de Fendant de Fully n’aurait pu interrompre. Y m’a d’abord raconté l’histoire du poulet bourré qu’aurait chouté une gosse de douze balais dans la rue principale des Haudères. Paraîtrait que la populace du coin, l’Eglise, et la commune lui garderaient toute confiance. Normal : la môme est G’nevoise et on s’demande bien c’quelle et ses parents foutaient en Valais durant les vacances.

J’dois avouer que l’histoire m’avait échappé. Par contre, quand Julot, entre deux hoquets de franche rigolade, m’a d’mandé ce que je pensais du bancomat d’la rue d’Genève à Chêne, j’ai pas pu m’empêcher de m’ reservir à boire pour m’fendre le trognon avec cécolle. Pour ceusse k’auraient raté l’épisode, une banque aurait décidé de placer un bancomat juste à côté du poste de police. (Police : Corps d’agents chargés de faire régner l’ordre et protéger les citoyens.)

Et Julot de s’enflammer : « Comme t’as lu comme moi le canard vaudois du matin, tu vois bien ki pètent de trouille les uniformés quand ils écrivent à la cheftaine ki veulent pas de bancomat près d’leur poste. « Trop dangereux – qu’il a dit le mec Baudat, un délégué syndical de la maison poulaugrain – et surtout la nuit, quand il fait noir et qu’on est tout seuls au poste.»

De bleu, de bleu… ! C’est vrai ça, un bancomat c’est comme un terroriste de Daech, ça peut même attirer des malfrats et des Imams radicalisés en goguette. Allez Monica ! Un pt’it effort. Demande un peu de pognon à Maudet et transfère le poste de Chêne dans les bois de Jussy. Là-bas, à part les lapins de garenne et les cochonnets d’la levrette, y a pas grand risque.

Et ce s’ra tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur g’nevois.

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12/03/2017

Outre Versoix

 

De bleu, de bleu… !

Y s’passe pas un jour sans que nos amis politicards d’outre Versoix nous inventent quelque nouvelle faribole. C’est à croire que leur pinard du Lavaux recèle des vertus inconnues jusqu’ici. P’têtre bien que ce sont les nouvelles sulfates qui leur font perdre leur légendaire torpeur.

Tu vas voir ki vont remplacer leur fameuse devise : « Méfiance, méfiance… prudence, prudence ! » par « A fond les tracteurs ! » Tiens, l’aut’jour, j’ai vu Broulis, l’acropolien d’la Palud, nous vanter à la téloche, les millions de visiteurs ki vont s’précipiter au nouveau « Pôle muséal » d’la gare de Lôzane dès ki s’ra construit. Désormais y aura deux trucs à voir dans ce coin-là : le lard du Comptoir et l’art du Quai d’la gare.

C’matin c’est encore pire ! De bleu, de bleu… ! Reviens vite Brélaz, y savent plus c’ki font!

Or donc, c’matin, enfoui dans les coussins de mon thé-rhum préféré, et après avoir débarrassé mon canard du dimanche des vingt-sept kilos de pub encartée qui l’encombraient, j’me lance dans la lecture du dit canard, pleure un bon coup sur la défaite des p’tits gars de Mc Sornette en hockey, en rigole un autre sur la quieutée des p’tits gars de Malley et m’étouffe avec mon croissant en découvrant la super idée de la blonde Moret, conseillère nationale de son état second.

J’vous résume : Avec le réchauffement climatique, la neige arrive plus tard aux Paccots, du coup faudrait voir à décaler les vacances scolaires et les allonger pour que les entrepreneurs de tire-fesses puissent gagner un peu plus de pognon.

C’est pas con, hein ? Dans l’temps y avait bien les vacances de patates pour que les mômes puissent donner un coup de main à la ferme.

Mécolle j’pense qu’en s’remuant encore plus ses neuronettes, la « guilluppe » Moret aurait pu proposer plus simple. Ya plus de neige en décembre ? Tu déplaces Noël et le Nouvel-An un mois plus tard. Y a plus d’neige en avril ? Tu déplaces Pâques en février et tu groupes les vacances des mioches. Même topo pour sauver les piscines publiques : y a du soleil en mai et en juin, tu mets à mi-temps la scolarité en supprimant définitivement les branches inutiles.

Dis donc Moret ! T’as pensé un  peu aux môme avant de penser aux subventionnés ?

C’est comme les sessions des chambres, faut être un peu conozots pour les placer en jours ouvrables hors été ; m’est avis qu’on pourrait les grouper en juillet et en août, ça renforcerait la fréquentation des troquets bernois et l’extrême imagination des édiles.

 

Le Groumeur genevois.

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04/03/2017

Bonne fête Fillon!

 

 De bleu, de bleu… !

Y a l’inénarrable Mimile qui vient de débarquer et v’là Bobone ka préféré s’tirer faire les commis. L’avait à peine franchi le pas d’porte ki gueulait déjà: « T’es au courant que demain c’est l’anniversaire de Fillon et qu’il a prévu une p’tite sauterie au Trocadéro ? » Et là, y s’est emballé Mimile, tandis que j’lui servais un vieux reste d’une bouteille de Perlan qu’il m’a praticosse arrachée des mains. Y m’a raconté c’qui suit (du moins je crois) :

« Or donc, demain c’est le 4 mars et Fillon va rassembler sa p’tite famille pour célébrer ses soixante-trois balais. Comme y se sentait un peu seul dans sa turne-manoir du Mans avec Pénélope-la-loquace et ses cinq assistants mouflets, y s’est-dit qu’il pourrait convaincre quelques potes restés fidèles de v’nir au Trocadéro déguster le fameux gâteau au gloubi-boulga. »

Comme j’m’enfonçais dans une purée d’incompréhension, Mimile, plein de pitié pour mézigue, m’a servi une rasade de vinasse et a bien voulu m’expliquer tout en maugréant : « Ta comprenaille s’arrange pas avec l’âge ! »

« Faut qu’tu saisisses que le mec Fillon est un catho plutôt conservateur ka pas vraiment digéré Vatican deux. Y voit des symboles partout , tu me suis ? et quand y voit pas de symboles, y s’met à entendre des voix. Macron est christique, Fillon est vierge d'Orléans,  tu m’suis toujours ? » Là j’avoue que j’étais un peu paumé et k’jai osé une question sur le Trocadéro et le goubi-gouba.

« Tézigue quand tu veux pas, tu veux pas comme dirait c’con de Fucius, j’t’éclaire :

Le 4 mars c’est la Saint Casimir un roi polack du XVe siècle atteint par les sondages sur sa santé après une bataille perdue et à qui les toubibs recommandaient une dose de prostipute pour guérir ; fier comme bar tabac, y préféra crever plutôt que d’s’y résoudre. » Mécolle, pour pas avoir l’air trop pomme, j’ai fait mine de comprendre la symbolique prostipute=Juppé et laissé Mimile à sa démo tout en lui disant que j’voyais toujours pas où ranger le bougabouga.

« Casimir, mon n’veu, c’est un héros pour les mioches ki r’semble comme deux gouttes de flotte à Fillon ; tiens-toi solidement à ton cruchon, tu vas voir que son gâteau est un vrai programme de présidentielle. Y t’faut de la confiture de fraises  - avec tous les glandus qui veulent montrer la leur à la téloche t’as ce ki t’faut – des bananes mûres bien écrasées ,– avec les donzelles entre quatr’âges ça dv’rait l’faire -, du choc râpé, - y d’vrait y avoir Larcher – quelques anchois premiers (choix) et une saucisse de Toulouse, - y voulait Morano mais elle est prise ailleurs, - j’espère qu’elle aura un orgasme. »

Incorrigible Mimile, avec lui, faut qu’les nanas tournent en eau de boudins.

De bleu, de bleu… ! A la troisième bouteille de Perlanche, y bavait son explication, tu te s’rais cru aux Halles de Rive un jour de promo pour la bidoche. Y m’a définitivement percé le ciboulot quand y m’a enfoncé dans les esgourdes  le dernier symbole, le fameux Trocadéro.

« Fillon y croit encore dur comme fer ! Y s’prend pour Ferdinand VII, un roi frouze débarqué du trône ibère par les Espingouins et k’en appela aux troupes du duc d’Angoulème qui prirent le fort et le bled de Trocadéro pour remettre Ferdinand sur la cuvette ».

« Tu piges, la Groume ? ».

J’ai dû mon salut à l’arrivée de Bobonne et à la fuite de Mimile ki m’a jeté une ultime licence poétique : « Tu vas voir demain ! Saint Casimir, Ferdinand et le gloubi.boulga vont faire des miracles… ! »

Gai, gai, gai, marrons-nous ! Bonne fête Fillon.

 

Le Goumeur g’nevois.

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