13/10/2017

Constantin de Tourbillon

De bleu, de bleu…. !

Pour les ceusses d’entre vous qui n’auraient pas oublié leurs humanités, la saga Christian Constantin vaut bien quelque référence littéraire et une pinte de bon Fendant (dont on sait qu’il remplace aisément le sang dans les artères).

Bref ! Constantin de Tourbillon me fait bigrement penser aux « Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon » qui bercèrent de fou rire mon adolescence attardée et soignèrent plus tard mon acné juvénile.

Que Daudet me pardonne donc l’emprunt honteux (mais assumé) que je vais faire, ici, de sa prose.

Plantons le décor : Or donc Constantin de Tourbillon donna trois baffes à Fringer de Habsbourg alors que, selon lui, cela en valait bien dix ; c’est le prix courant des trahisons sur les mercatos du foutballe. Il faut dire qu’on a le sang chaud à Tourbillon. Là-bas, ce qu’on appelle l’eau bouillie, c’est quelques tranches de saucifflard, un morceau de frommegomme, et une rasade de Johannisse (la valeur de la rasade varie selon les matchs). Du coup les crânes valescos bouillent sous le soleil de la tribune nord-est, à faire sauter tous les couvercles.

Pourtant l’Octodurien (ou du tout) n’a rien d’un mec de Sion mais, très jeune déjà, il fut attiré par de plus grands villages. Cette vie de petit bourg frappé par tous les vents lui pesait, l’étouffait. Le grand homme du coude du Rhône s’ennuyait au coude du Rhône. Il rêvait d’un destin hors du commun, il rêvait que chaque jour le Nouvelliste et le Matin de Lôzanne lui accordassent quelques colonnes.

Un jour enfin, par la grâce des fouteux, Constantin de Tourbillon pût accéder au Graal : ON parlait de lui et peu lui importait, en fait, qu’on en parlât en mal ou en bien. Enfin, chaque jour, chaque nuit on parlait de lui.

Mais survint le syndrome d’Icare. A trop s’approcher du soleil les ailes du succès se mirent à fondre. Les anges de l’entraînement, furent congédiés les uns après les autres, les coupes se cassèrent, l’Europe s’éloignait. Alors, Constantin de Tourbillon, avec sa rage d’aventures, de besoin d’émotions fortes, se dit que ce ne serait pas folie de distribuer baffes et coup de pied au cul à son principal détracteur. Même ses irréductibles laudateurs en furent tout marris.

Et comment diantre, en eût pu-t-il être autrement ?

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

10:31 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

11/10/2017

Puigdemont alias Coïtus interruptus


De bleu, de bleu...!
Bobonne et moi sommes tout remués par les soubresauts post guerre civile espagnole. Faut dire qu'on a traversé c'pays en long, en large et en travers (sutout en traviole) depuis notre mariage qui remonte presque à Mathusalem le 14ème. De Formentera à Saint Jacques de Compostelle, des Cantabriques en Andalousie, des Picos d'Europa à la Sierre Nevada, de Arenas de San Pedro à Alicante en passant par Madrid, on a presque tout vu, tout mangé, tout bu. On pourrait même vous indiquer les meilleurs troquets où l'on sert les meilleures tapas, les meilleures tortillas de patatas et les pires paellas au chorizo que même Nadal n'aurait mangées.
Or donc, après cette brêve introduction prouvant notre connaissance du royaume démocratique et néanmoins tauréen, faut que j'm'en vienne au sujet de ce bloguinet.
Si, comme moi, vous baragouiner un tant soit peu la langue de Don Quichotte et de Juilo Iglesias, et que pour le surplus vous avez suivi hier soir en direct sur le site de "La Vanguardia" la prestation du président de la Catalogne, El Senor Puigdemont, vous aurez compris pourquoi intitulé-je ces quelques phrases: Coïtus interruptus.
De bleu, de bleu...! Fallait s'accrocher aux lustres et à l'encyclopédie Salvat (Larousse espaingoin) pour comprendre où il voulait en venir le gusse.
"Je suis chargé par la majorité catalane de vous dire que nous sommes désormais indépendants; toutefois le mot indépendance ne sera pas encore de mise car nous allons l'attacher avec des pincettes à linge sur la corde de la démocratie jusqu'à ce qu'il soit bien sec et prêt à l'usage. Entretemps nous irons discuter l'bout d'gras avec nos chers amis espagnols et leur demander si, au cas où nous poursuivrions notre quête, ils seraient d'accord de prendre nos dettes à leur compte et de ne pas toucher au classico entre le Real et le FC Barça."
Bon, je me suis permis quelque liberté dans la traduction mais grosso modo c'est ça.
Tu prétends, tu joues sur l'émotionnel, tu sèmes le chaos, tu crées la confusion, tu te complais dans ce que tu as créé, puis tu te retires, la queue entre les jambes en disant: "C'est pas moi M'sieur, surtout n'invoquez pas l'article 155" Même Mariano Rajoy s'est fendu c'matin d'une question à Puigdemont: "Finalement tu l'as déclarée c'tindépendance? J'ai rien pigé à ton discours alambiqué"
Plus trivialement c'est tout-à-fait l'enseignement sexuel que me fit mon père à l'époque où la méthode Ogino régnait en marâtre sur les relations garçon et fille.
"Fils, me disait-il, si tu ne veux pas de problème, pratique le coïtus interruptus!
Ce que, en bon fils, je fis!
Et ce sera tout pour aujourd'hui.
Le Groumeur genevois.

17:32 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

19/09/2017

Meugève. Haute-Savoie

De bleu, de bleu… !

T’es souvent sur les routes vers Mégève ?

Pour Bibi, voilà bien une paire de lustres que je n’étais pas retourné dans le coin. Ça a drôlement changé ! Profitant du viaduc du Jeûne fédéral, avec Bobonne nous avons pris le chemin des écoliers jusqu’à Sallanches pour revoir tous les bistrots dans lesquels nous nous arrêtions pour écluser des godets lors de nos virées haut-savoyardes à vélo. Autant vous le dire tout-de-suite, il ne reste pas grand-chose de nos souvenirs. Tout a été bousillé sur l’autel du développement. Près du lac des baigneurs nous avons même croisé des Africains d’Afrique qui voulaient nous refiler des faux bijoux de pacotille et des authentiques miniatures de girafe en ébène made in Taïwan.

Après le pastis à Saint-Gervais avec Bébert, un natif qui a travaillé quelques temps au Pied de Cochon dans la Vieille-Ville de Genève, nous avons repris le chemin de Mégève avec un précieux viatique : quelques lumineux conseils prodigués par notre nouveau copain.

Le plus important d’entre eux est que l’accent aigu ornant le premier E de Mégève aurait été fauché, au cours des dernières années, par les Parisiens lorsqu’ils transformé la bourgade en station huppée. Du coup il ne faut plus dire Mégève, au risque de passer pour un péquenot, mais MEUgève.

Ça nous a fichu un drôle de coup cette histoire d’accent aigu. C’est un peu comme si l’on nous imposait un accent circonflexe sur le premier E de Genève. Du genre : « T’habites où técolle ? »

« Moi ? J’habite Gênève ».

A part ça, Meugève c’est assez chouette. La rue piétonne est piétonne, tu y rencontres des G’nevois à la pelle et t’es tout tristounet quand tu quittes

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

 

Le Groumeur genevois.

15:48 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |