Le groumeur genevois - Page 3

  • Peau de Maud(âne)... selon Perrault

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    De bleu, de bleu...!
    Il était une fois un parti si aimé de ses peuples, si respecté de tous ses voisins et de ses alliés, qu'on pouvait dire qu'il était le plus exemplaire de tous.

    La magnificence, le goût et l'abondance régnaient dans son palais ; les députés étaient sages et habiles ; les courtisans, vertueux et attachés (.) les domestiques, fidèles et laborieux ; les écuries, vastes et remplies des plus beaux chevaux du monde (.) mais ce qui étonnait les étrangers qui venaient admirer ces belles écuries, c'est qu'au lieu le plus apparent un âne étalait sa superbe.

    Ce n'était pas par fantaisie, mais avec raison, que ses partisans lui avait donné une place particulière et distinguée en le nommant Ministre. Les vertus de ce rare animal méritaient cette distinction, puisque la nature l'avait formé si extraordinaire.

    Et, patatras, voilà que survint un vil Vizir qui lui offrit formule un, aéroplane et toutes sortes de joyeuses babioles...

    J'adore les contes. Même si j'ai (si peu) trahi Perrault.

    Vous en connaissez la suite mais pas encore la fin.
    Car il s'accroche le baudet, t'as beau lui f... des coups de pied dans l'arrière-train ou lui présenter quelque savoureuse carotte, l'est pas prêt à franchir le Rubicon et céder aux ceusses qui le voudraient ailleurs qu'au pré. Même qu'il attaque l'animal! Prêt au coup de pied de l'âne sur les fesses des procs.

    Et, si j'ai bien tout pigé, la césure entre les pros et les anti Baudet, se résume dans le fond entre les libéraux et les radicaux qui viennent de comprendre qu'ils auraient mieux fait de rester sagement dans leurs propres écuries.

    Et ce sera tout pour aujourd'hui

    Le Groumeur genevois.

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  • Alors Carlos, on rit ghosn?

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    De bleu, de bleu...!
    Alors là, après avoir lu, vu, relu et revu la triste histoire du Pédégé de Renault-Nissan, Bobonne et moi avons décidé d'aller brûler à son intention un cierge à deux pas de chez nous, à Notre Dame, dans la seule cathédrale que les protestants n'ont pas chouravée aux cathos.

    J'vous explique mon immense empathie pour lui et les larmes de Bobonne:

    Or donc, si l'on en croit les journalistes français, les Japes le traitent vraiment mal le pôvre gonze libano-franco-brésilien.

    C'est vrai ça. Qu'est-ce qu'on lui reproche au juste? Rien! Des pécadilles, de minuscules légèretés. La dissimulation de quelques dizaines de millions au fisc, des abus de confiance, des pertes personnelles épongées en puisant dans la caisse de la boîte, des appartes de luxe payés par l'employeur.

    Rien j'vous dis!

    Voilà un gonze qui gagne à peine plus que vous et moi, une dizaine de millions par année, qui voyage en jet privé, qui est à tu et à toi avec Macron et sa Bribri d'amour... et qu'on habille en kimono, qu'on jette sur un vulgaire tatami dans une cellule individuelle. Pire: au lieu de son caviar en tartine il ne reçoit que trois bols de riz et des baguettes, même pas une fourchette à quatre chagnottes alors que dans les taules françaises il aurait pu partager sa cellule et les chiottes à la turc avec de joyeux camarades, taper l'carton et engueuler les matons quand le boeuf bourguignon avait un peu de bidoche.

    C'est une justice archaïque hurlent en choeur les journalistes, les pénalistes et les politiques. C'est quoi cette présomption de culpabilité alors que nous autres, héritiers de la Révolution, considérons innocent, jusqu'au jugement, le taré qui assassine les petites filles.

    J'vous l'dis moi y a pas d'justice au pays du soleil levant. Il paraît qu'on l'aurait même démis de ses fonctions de pédégé de Nissan, filiale du groupe Renault qui, lui, a eu la délicatesse de le rassurer en lui conservant sa confiance, son poste et sa rémunération.
    Heureusement qu'il reste des conseils d'administration et des gouvernements élégants dans ce monde de brutes Samouraïs.

    Aux dernières nouvelles, si l'on en croit les méchantes rumeurs, il aurait quitté le régime fiscal français en 2012 car les vilains socialistes de François Hollande voulaient lui roustir un peu de pognon par l'impôt sur la fortune, à lui, un type décoré de la Grand-croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique.

    Quand on a quitté Notre-Dame, Bobonne et moi, on était à nouveau tout jouasse et on est allé bouffer des frites et une entrecôte dans notre bistrot préféré.
    Et ce sera tout en ce dimanche frisquet.

    Le Groumeur genevois

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  • Weinstein. Les burnes du Roi Mage

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    De bleu, de bleu...!
    Là c'est sûr Bobonne veut me faire grossir. J'vous explique: Or donc, hier soir en rentrant de notre balade dans les bois de Dardagny j'me suis précipité sur la panière dans laquelle elle avait planqué la couronne des Rois. Faut dire que la couronne en question est franchouillarde et pas g'nevoise; autrement dit elle est bourrée de frangipane.

    Durant notre balade j'avais parié que c'est moi qui hériterais de la fève et de la couronne en papelard doré. J'me suis donc jeté sur une tranche aussi épaisse qu'une encyclopédie et commencé à bouffer avec précaution pour éviter de me casser ce qui me sert de chagnottes. Bobonne, elle, s'est contentée d'une fine tranchette tout en me regardant du coin de l'oeil avec un air goguenard.

    Rien! Pas l'ombre d'une fève en plastoque 24 carats!

    T'es sûre, t'en veux pas plus? J'prends l'reste? - lui ai-je demandé alors que l'reste était déjà dans ma gamelle...
    J'avais à peine fini que j'ai vu Bobonne se marrer comme Barazzone au bigophone. De fève? Que dalle! Pas l'ombre d'une seule.

    2019. Année des mémères - m'a-t-elle averti - Pas de respect pour les gonzesses: pas de fèves au plumard où dans les couronnes des Rois. Année du cochon en Chine, année du gentilhomme en Occident. Faudra vous y faire les gonzes. Grâce à Winne-Chtinne et ses burnes au vent vous direz à Zézette de rester prudente dans son calebard.

    Faut dire qu'elle venait de lire un article dans le Niou York Tailleme dans lequel Winne-Chtinne geignait d'avoir connu "une année infernale".

    La nuit venue, j'ai tenté sous la couette une approche aussi subtile que Van Damme dans ses meilleurs rôles.

    Tirant sur sa nuisette elle a allumé la lumière, m'a tendu un bouquin ouvert sur un poème d'un cureton du dix-huitième siècle et m'a enjoint ceci:
    Tiens! Apprends d'abord les bonnes manières, récite-moi c'truc-là! Je déciderai ensuite.

    Madame, quel est votre mot
    Et sur le mot et sur la chose ?
    On vous a dit souvent le mot,
    On vous a souvent fait la chose.
    Ainsi, de la chose et du mot
    Pouvez-vous dire quelque chose.
    Et je gagerai que le mot
    Vous plaît beaucoup moins que la chose !

    Pour moi, voici quel est mon mot
    Et sur le mot et sur la chose.
    J'avouerai que j'aime le mot,
    J'avouerai que j'aime la chose.
    Mais, c'est la chose avec le mot
    Et c'est le mot avec la chose ;
    Autrement, la chose et le mot
    À mes yeux seraient peu de chose.

    Je crois même, en faveur du mot,
    Pouvoir ajouter quelque chose,
    Une chose qui donne au mot
    Tout l'avantage sur la chose :
    C'est qu'on peut dire encor le mot
    Alors qu'on ne peut plus la chose...
    Et, si peu que vaille le mot,
    Enfin, c'est toujours quelque chose !

    De là, je conclus que le mot
    Doit être mis avant la chose,
    Que l'on doit n'ajouter un mot
    Qu'autant que l'on peut quelque chose
    Et que, pour le temps où le mot
    Viendra seul, hélas, sans la chose,
    Il faut se réserver le mot
    Pour se consoler de la chose !

    Pour vous, je crois qu'avec le mot
    Vous voyez toujours autre chose :
    Vous dites si gaiement le mot,
    Vous méritez si bien la chose,
    Que, pour vous, la chose et le mot
    Doivent être la même chose...
    Et, vous n'avez pas dit le mot,
    Qu'on est déjà prêt à la chose.

    Mais, quand je vous dit que le mot
    Vaut pour moi bien plus que la chose
    Vous devez me croire, à ce mot,
    Bien peu connaisseur en la chose !
    Eh bien, voici mon dernier mot
    Et sur le mot et sur la chose :
    Madame, passez-moi le mot...
    Et je vous passerai la chose !

    Ma vie intime ne vous regardant pas davantage que la grandeur des bonnets de la Fontanet j'ne vous dirai pas ma nuit et ce s'ra tout pour aujourd'hui.

    Le Groumeur genevois

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