23/02/2017

La présidentielle pour ceux qui causent g'nevois.

De bleu, de bleu… !

Un lecteur attentif aux dérives de ma langue de groumeur patenté me défie de rédiger un blog, sur la présidentielle française, en parler genevois pur sucre XVIIIème s. Chiche ? Je place entre parenthèses les traductions.

J’me régale à la lecture des canards franchouillards. V’là que Baban (le grand Dadais) Bayrou vient de faire alliance avec Cafiot (le nabot) Macron ; les deux nières prétendent que ça va bouguillonner (remuer) la campagne présidentielle. Déjà qu’elle était tout de bisingue (de traviole) et que les alangués (babillards) de la téloche amprogeaient (récitaient une kyrielles d’allemandages (commentaires de style commérage). Tudieu le bousin (lieu mal famé) qu’est dev’nue la môme France-la-bourdiffaille (un peu zinzin). Hier et aujourd’hui tu pouvais changer de chaîne toutes les minutes sur le TNT (transmetteur des nouvelles télés), t’étais sûr de tomber sur Baban ou Cafiot. Même chez Dame Elkrief tu pouvais palper les agnettes (t’en avais pour ton argent) ; ça barjaquait (causait) dans tous les sens, mélangeant la caçibraille (canaille) des vilains quartiers « qu’on allait sécuriser » au « nettoyage du boiton » (écurie) que s’rait devenue l’Assemblée nationale. J’suis même parti à cupesse (à la renverse) tellement j’me fendais la geule qund j’voyais Cafiot ouvrir les bras « à la Grand Charles »; du coup j’me suis ébriqué  (abimé) l’fion  .

Mézigue j’aime bien Baban (mairdePau). Y m’fait penser au grand dadais qu’on remarque dans les pièces de boulevard. L’est idéal en cocu magnifique. Vingt ans d’échecs, toujours simple ! Un véritable armolau (gagne petit) qu’aurait l’espoir de gagner trois tunes à la roulette. Ouvre tes esgourdes tu l’entendras débloter (dire des conneries).

J’aime moins Cafiot. Toujours bouguillon (il remue sans cesse) Avec sa blonde, y paraissent tous les deux des branlettes (tiges de ciboule) qu’on aurait mises dans un cassoton (petite casserole) trop chaud. Cécolle, tu lui donnerais le Bon Dieu sans ki passe à con-fesse ! Propre sur lui, invoquant Jeanne (d’Orléans) et Jésus (mon concierge).

Or donc, la présidentielle pour élire le coq qui pourra chanter les pieds dans la gadoue (j’avais un autre mot), ressemble à une vraie chaple (tuerie). Sont tous en train de se chigougner (bagarrer) ou de jouer à la vicelarde clicli-mouchette (jeu d’enfants pas sages qui se joue dans l’obscurité). Tous des niolus (simplets) qui visent à ressembler à une tralée (multitude) d’énarques (membres d'un club très chic produisant des déficits chroniques) qui auraient confondu Ségolène avec une tire-gouine (mauvaise viande).

Bon, ce s’ra tout pour aujourd’hui ; y a Bobonne ki m’dit de chader (me grouiller) la longeole bien diotue (ferme) est servie ! J’y cours sinon elle va péguer (enrager).

Le Groumeur g’nevois.

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21/02/2017

Le doyen est mort. Vive le doyen!

 

De bleu, de bleu… !

Il paraît que le doyen de la Suisse vient de clamser.  

« Le Bullois Pierre Gremion est décédé, nous apprend la Julie du coin. Le Gruérien s'est éteint au foyer médicalisé  «La Rose des Vents» à Broc (FR), à l'âge de 109 ans. » Et d’ajouter : «  Il aurait fêté ses 110 ans le 5 mars prochain. » 

De bleu, de bleu… ! Si je suis leur raisonnement il aurait eu 150 ans le 5 mars 2057 et 160 le 5 mars 2017. C’est ce qu’on appelle de la prospective dynamique. Un peu comme si les astronomes nous annonçaient que si la terre avait été plus proche du soleil Pierre Gremion, de son vivant, aurait été davantage bronzé.

Or donc, si  l’on en croit c’t’info, nous n’aurions plus de doyen.

Un peu con ce genre de nouvelle !

Tiens ! L’aut’jour, Bobonne, après une choucroute maison de derrière les nigauds alsaciens, m’a j’té : « Ya plus d’choucroute» comme elle aurait dit « J’ai plus de calebard ».

Or, depuis que le monde est monde le poste de doyen ou doyenne est en permanence occupé et pas près de s’éteindre. T’as un vieux (ou une vieille) qui passe l’arme à droite (pourquoi toujours à gauche), t’en as un autre qui prend la relève.

C’est comme les cons, les blondes, les Trump, les Macron ou les alcolos… C’est ce qu’on appelle des générations spontanées.

Et d’main, ou après d’main, pendant quelques secondes je serai à mon tour le doyen de mon quartier et signerai une dernière épitaphe : Ici repose le groumeur g’nevois… mais rassurez-vous, à G’nève, la race n’est pas près de d’éteindre !

Et ce s’ra tout pour aujourd’hui.

 

 

Le Groumeur genevois

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20/02/2017

Retour au turbin

De bleu, de bleu… !

Le retour au turbin après une virée de quatre jours au Chinaillon n’est jamais chose facile. D’abord t’es pris dans une cohue de bagnoles qui montent et qui descendent, ensuite, quand t’arrives, t’échappes pas aux sempiternelles questions : « T’étais où ? T’as eu l’beau ? »

Avant même que t’aies pu en placer une, tu apprends tout de tes interlocuteurs sur le manque de neige aux Gets, la colique néphrétique du cadet, la permanente de l’épouse, le pneu crevé sur l’pont d’l’Aubonne et la cherté d’la raclette à Verbier.

Enfin tu t’aperçois que ton burlingue est dev’nu un véritable foutoir. Ta plante est à l’agonie, vitriolée par un restant de pastaga, la photo de Bobonne n’est plus à la même place et tes chers collègues, en ton absence, t’ont rousti  ton agrafeuse, ton papier Q, tes crayons HB 2 bien aiguisés… et déposé des piles de documents sous un post-it sur lequel tu lis ces mots enchanteurs : « Salut ! Si tu peux j’ter un œil et rédiger un p’tit rapport pour le patron. A mon tour de partir en vacances,  j’ai vraiment pas le temps. Tchao !»

Or donc ce lundi matin, à l’heure de la cafète, entre huit heures et dix heures, histoire d’me r’mettre au turbin,  j’ai lu, avec délectation, les tribulations des candidats aux élections au Conseil d’Etat valaisan, chères à tous mes potes Valescos qui crèchent à G’nève en attendant la r’traite. 

De bleu, de bleu ! vaut mieux pas  les chatouiller sur l’sujet. Sont frileux comme un réfugié angolais chez les Inuits !

J’ai voulu m’y risquer auprès d’Jean-Pierre, d’Isérables  et d’Ambroise, de Branson, eh ben j’me suis pris une volée d’adjectifs et de substantifs qu’auraient parfumé un clodo  et, en forme de quittance : »Toi, la Gueule Elastique, on t’a pas sonné.

Et quand t’insistes en leur causant du candidat Christian Barbelé le déplumé, le gonze « famille-église-patrie » brillant chasseur d’animaux à poils qui tire son coup plus vite que Freysinger tire sur sa queue d’jument, y s’mettent dans tous leurs états.   

J’avais eu les mêmes remarques désobligeantes quand j’m’étais foutu de leur gueule lors d’l’histoire du gypaète barbu.

« Je l’ai abattu en plein vol, mais je croyais qu’il s’agissait d’un ovni ; il avait même une marque blanche sous le poitrail, ça ne pouvait pas être un oiseau. » avait plaidé le vieux fusil.

Tiens à propos d’animaux à poils, y a un nière qui vient d’se payer une louve dans le Val d’Anniviers. Tu vas voir, quand on l’aura chopé, qu’il va jurer ses grands Dieux qu’il était en état de légitime défense et que l’animal portait une kalachnikov en bandoulière.

Et pis y zont un nouveau gonze en basse terre valaisanne, ret’nez bien son nom car il va forcément faire causer d’lui dans les mois à venir ; Yannick Délitroz qu’il s’appelle, « Des litres en trop » comme l’appellent certains méchants collègues, un prof un peu déjanté qui blogue sur ioutioube en calosses. Moitié Guignol, moitié Constantin de la porte d’Octodure et des idées bric-broc. Y vient de réunir ce ouikinde dernier quelques joyeux drilles sur la place du Scex(e) à Sion pour dire à son chef de département qu’il est temps de dégager.

M’est avis kil va pas être choisi pour reprendre un jour la place du Cleusix de Leytron.

Heureux pays que la terre tant aimée par Franz Weber !

 

Le groumeur genevois.

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