23/07/2018

Vive le sport

De bleu, de bleu...!
Pour une fois ce "de bleu, de bleu...!" introductif tombe pile poil. Vous vous souvenez de mes déboires (non je ne parle pas de bibine) qui m'ont valu quelques jours d'hosto et une énorme faignardise au plumard devant mon plasma géant concave et la joie très contenue de voir les bleus devenir héros nationaux et nos Suisses jouer à l'aigle albanais ratant son aire.
De bleu, de bleu...! J'adore le sport. Il les rend tous un peu barjots. A côté d'eux le père Donald de la série "à Washington tu trouveras pas plus bobet" présente un "Cul i" plus que respectable. J'adore ce bel été bien chaud et les tribulations d'un Tour de France où les commentateurs se plaisent à nous décrire deux courses: celle des besogneux luttant pour les places d'honneur et celle d'une équipe de huit gonzes-machines, tout de blanc vêtus et tout blanchis de tout soupçon de dopage grâce à l'intervention plutôt réussie d'une équipe d'avocats et d'un peu de pognon. Bref! les gars de la SKY donnent vraiment l'impression de se promener en spectateurs accompagnant la course des forçats.
Mais le plus marrant, dans cet été sportif, c'est le gonze Cricri de Martigny. Pas un jour depuis le début de la saison sans que sa tronche n'apparaisse en manchette de presse (naguère en coup de pied au cul) ou en image sur la lucarne de la téloche romande. On l'a vu au sommet du Cervin faire brûler des saucisses dans un baril de pétrole, dicter un bouquin à un nègre de plume (voir définition dans n'importe quel Larousse avant de m'accuser de racisme) et le distribuer tous ménages, lancer le projet d'un journal sportif comme l'avait fait Stäubli avant lui et, dernière foucade, interdire tout accès à son stade, à son staff et à ses joueurs aux pauvres journalistes du Nouvelliste, coupables de liberté de pensée et d'écrit. J'adore cette dernière histoire. V'là un mec qui veut lancer un canard mais qui déteste les journaleux quant ils ne sont pas serviles. J'ai déjà le titre: Brave Da et un slogan "le Journal qui vous dit tout sur *année, le mot préféré de CriCri."

Le Groumeur genevois

*Il y a douze MOI dans l'année

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07/06/2018

L'éclipse du Matin

 

De bleu, de bleu...!

Y va me manquer le journal des boulevards lausannois. J'apprends avec une infinie tristesse qu'il va disparaître au mois de juillet, au moment où les gonzes en train de se faire rôtir des saucisses au grill en ont le plus besoin pour se faire des chapeaux. Pauvres lecteurs que nous sommes. Où va-t-on trouver les grands reportages sur les habitudes sexuelles des Romands, la pose d'une bague sur l'estomac de Brélaz, le prix Congourt de Christian Constantin et le traitement des chats ayant attrapé une chtouille carabinée? Pire, la catastrophe est d'ailleurs annoncée, qu'est-ce ki va nous rester si même la Julie prédit de jouer les relations incestueuses avec le grand canard du Gros-de-Vaud et devenir, si l'on en croit les oracles (ô désespoir), le Wèlche-blic . Vous le voyez vous, le Ruetchi prendre ses quartiers à Lôzanne et le Mabut devenir correspondant aux Pâquis? Plaisanterie mise à part, les casques à boulons d'Outre-Sarine sont en train de laminer la presse romande plus vite que le direct qui relie Pont-Céard à Mies. Y sont pas tous seuls remarque! Les journalistes s'y sont mis aussi il y a déjà quelques années en oubliant que l'information n'est pas forcément malveillante et qu'elle peut être bien écrite. Si j'en crois mes lectures de plumard ce matin, j'ai un peu l'impression que les potes journaleux, sachant que la messe est dite, n'ont d'autre choix que de continuer à marner en faisant "comme si", des fois que le Pape François, bientôt à G'nève, allait nous r'faire le coup du miracle.
De bleu, de bleu...! Cela me rappelle un article q'une chercheuse américaine avait pondu il y a quelques mois à propos des journaux d'outre-grande-gouille, provocante, visionnaire elle titrait: Si vous aimez les canards, laissez-les mourir dans leur forme actuelle, demain ils ne seront plus que numériques. J'avais, comme tant d'autres, détesté son article. Elle y détaillait l'agonie aussi prudemment que les tweets de Trump nous annoncent la suprématie étazunienne..
Là-dessus je m'extrais de mon lit conjugal et me précipite à la cuisine où Bobonne a mijoté, fort à propos, un magret de canard. Et ce sera tout pour aujourd'hui.
Le Groumeur genevois.

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05/06/2018

Y a plus d'banquier!

De bleu, de bleu...!

Or donc, après avoir passé quelques jours à l'hosto en attendant que ma bidoche découpée au scalpel par une gracieuse chirurgienne reprenne à peu près la forme d'une fermeture-éclair Riri, me voilà de retour à la turne. Bobonne a profité de mon absence pour faire les à-fonds printaniers et placé sur ma table de nuit la collection complète des Julie que j'aurais ratées. Charmante attention s'il en est, agrémentée de quelques cadeaux princiers de mes potes de la Queue-d'Arve. Les Valescos m'ont gratifié de pinard, les Frouziens de Rebloche, mes compatriotes G'nevois, radins comme toujours, ont averti ma douce qu'ils me paieraient sûrement l'apéro un de ces jours (du genre "Demain on rase gratis") et un copain stauffifre, latiniste distingué malgré le handicap que représente sa naissance à Buchhotterberg, a collé sur le mur en face de mon plumard ce joli texte: Otium reficit vires. Mes latineries acquises à Saint-Antoine il y a quelques lustres et la confirmation trouvée dans mon vieux Gaffiot m'ayant permis de saisir toute  l'importance de la sentence (L'oisiveté reconstitue les forces), j'en fais part à Bobonne qui me jette ces paroles pleines de compréhension: "Ben mon colon! ça va pas beaucoup te changer".

De bleu, de bleu...! Elle piquerait la guêpe.  Là-dessus, fier comme Etienne Dumont après son dernier tatouage, j'arrange mes oreillers, me saisis d'une Julie au p'tit bonheur la chance, et pousse un cri d'effroi: "Ahaaaaa!" suivi d'une imprécation: "Atayu mon bidet", laquelle,  pour les gonzes qui n'étaient pas d'ici au 18e.s. signifie littéralement "Le tréteau qui supporte le cercueil va se péter la gueule".  Tu parles d'une nouvelle: Thierry Lombard va vendre son château de Bavois à l'encan. C'est-à-dire que Bobonne et moi allons pouvoir faire une offre dès dix ronds. Tudieu les mecs d'Carouge! ça ne vous tente pas de casser vos tirelires pour un week-end dans la plaine de l'Orbe (pas loin de la taule qui fait le bonheur des betteraviers et des embastillés)? Y a longtemps, je l'avais visité le pied-à-terre du banquier. Rien que la cheminée de la Salle des Chevaliers vaut plus cher qu'un ponton de la Société nautique. J'adore l'explication du proprio cédeur: "J'veux me recentrer sur mes affaires d'en-deça de la Versoix". Un peu comme si Barthassat préférait sa Harley à son ancien boulot. Bref! J'ai toujours dit que l'air du pays de Broulis et de Brélaz ne réussissait pas aux G'nevois. Dommage que Weinstein ne puisse plus s'y intéresser.  Y a même des baldaquins dans les dix-huit chambres.

Et je me contenterai de mon quatre pièces et demi avec vue sur la plaine de la Servette.

Le Groumeur genevois.

 

10:54 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |