16/02/2017

Pénélope et le canard

De bleu, de bleu… !

Si vous lisez mes chroniquettes vous aurez fait la connaissance  de mon voisin Julot, le roi de la formule.  Hier soir (Bobonne jouant au rami au Café de la Pointe avec ses amies des TPG),  il est venu m’rendre visite et nous nous sommes mis à siroter un aligoté bourguignon pas dégueu. Au hasard des lieux communs et des babillages stériles, on a réussi à évoquer un truc plutôt rigolo ; l’affaire du roi François de la maison Fillon

 « De Dzou – kil m’a dit – le Julot, j’suis sûr que tu t’souviens plus d’tes cours d’histoire en 3ème à Calvin.  Tu vas voir c’est à s’pisser parmi, tout est dans la mythologique mon poteau : Coute bien ! Pénélope est un nom grec signifiant « Canard sauvage ». On raconte qu’un zig appelé Nauplios aurait voulu venger la mort de son fils, tué par Ulysse, le mari de la Pénélope, en lui annonçant sa mort. Tu me suis ? – Mécolle j’avais le clapet fermé, impatient d’entendre la suite – Bref ! Ni une, ni deux, la pôvre Pénélope, désespérée, se fout au Lac et ne doit son salut qu’à une famille de canards sauvages. Ça te troue l’cul hein ? »

Ouaips ! – ai-je rétorqué - Le seul truc qui cloche dans ta mythologie de  l’histoire Fillon, c’est que c’est un canard enchaîné qui a dégommé la gueuze et non un canard sauvage qui l’aurait sauvée du naufrage.

« T’oublies l’essentiel ! C’est pas Pénélope qu’est visée, c’est Ulysse. Et si tu t’souviens bien il a dû s’attacher au mât pour ne pas succomber au chant des sirènes de police et a fini trucidé par Télégonos, patron des journalistes de téloche ».

Du Julot tout craché quand il a conclu sa démonstration, tout en sirotant un dernier verre,  par ces mots : «  J’ai un peu arrangé la fin mais t’avoueras que si la mythologie dit vrai : Le canard aura finalement sauvé Pénélope des pattes d’Ulysse qui va s’faire dégommer par Télégonos et Médiapart.

Après ce chef d’œuvre de logique prémonitoire,  on a attaqué une autre discutaille avec ces mots introductifs de Julot: «  T’as vu Armstrong, jamais dopé, rien dans le pipi, rien dans les reins, tout dans les coucougnettes. Eh ben les Amerloques lui réclament cent millions de dollars ».

Heureusement j’ai été sauvé par Bobonne qui v’nait de se pointer au logis en criant :

« La voiture balai va ramasser tous les poivrots, dopés à l’Aligoté ou pas. Ouste ! du balai. »

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le groumeur genevois

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12/02/2017

La téloche "veuve poignet"

De bleu, de bleu… !

J’ai beaucoup hésité sur le titre présidant à ces quelques lignes. La paraphrase étant à la mode, j’me suis dit qu’emprunter les chemins tracés par Rostand dans Cyrano serait une bonne manière de ne pas choquer le lecteur ou, au contraire le rendre viscéralement mal à l’aise. Or donc, empruntant à la tirade des nez, voici les titres que j’aurais pu choisir :

« A propos de la télévision actuelle on pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme.

Agressif: Moi, Monsieur, si je faisais une telle télé, il faudrait sur le champ qu’on la nommât masturbatoire.

Amical: Mais elle doit plaire sans doute, l’audimat la rendant propre au plaisir solitaire.

Descriptif:  La télé? C'est un acte primitif, c’est une jouissance égoïste, que dis-je égoïste, c’est du pur onanisme. »

Mais voilà ! Je ne suis qu’un groumeur g’nevois que n’aurait pas renié un supporter d’UGS ou de Carouge. Du coup, la veuve poignet pour décrire cette propension à faire des programmes populo où Drucker, non content de dire MOI JE, invite ses nièces et les animateurs des chaînes amies ou concurrentes, où les animateurs des chaînes amies ou concurrentes invitent Drucker pour parler de son spectacle, où Ardisson invite Boccolini qui invite Arthur, qui invite Nagui, qui invite Pujadas, qui invite Ferrari, qui invite Dave, qui invite Duconla joie…. Du coup disais-je, le PAF franchouillard commence furieusement à ressembler à l’étang de Narcisse.

Oh ! que t’es beau, oh qu’tes bon, oh ! que t’es génial. Tu r’prendras bien une p’tite turlute. Non pas besoin, j’viens de pratiquer la veuve poignet.

De bleu, de bleu… ! Y a que notre téloche romande qu’a pas (encore) sombré dans la masturbation. Dieu nous en préserve !

Bon c’est vrai qu’il nous reste Arte mais qu’est vachement difficile à placer dans la conversation !

Et ce s’ra tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

09:46 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

10/02/2017

Mimile et les nouveaux G'nevois

De bleu, de bleu… !

Hé té colle ! T’as vu l’articulet de Mabut dans la Julie ?

Y paraît que Genève aurait « fabriqué » plus de six mille G’nevois en huit lustres.  Mécolle, ça m’étonne qu’à moitié quand je vois tous les rigadins dans la rue qu’ont pas bien le faciès ascétique des calvinistes ni celui plus rougeaud des cathos d’avant la réformation. Ni une, ni deux, fort de l’information, j’ai foncé au bureau d’la Queue-d’Arve (le bistrot des boulistes) où j’étais sûr de trouver mon pote Mimile, luthérien peu pratiquant, Vieux-Grenadier très assidu et ancré depuis une quinzaine de générations au moins aux Grottes. C’est un sacré nière Mimile, il a tout vu, tout fait, tout envisagé. S’est même fait lourder du Collège Rigot pour avoir fait trempette à poil, avec sa copine de Voltaire, un jour de Picoulet, dans la fontaine du Puits-Saint-Pierre. Son daron, qu’était mécano chez Perrot-Duval, a réussi à le faire réintégrer compte tenu d’ses notes en latin et en français qu’étaient plutôt au-dessus d’la moyenne. Parmi ses exploits : se faire un maximum de flouze à l’Escalade en récitant les soixante-huit strophes du Cé qué l’aino dans les bistrots genevois. Soit les clients le priaient d’arrêter à la dixième en le gratifiant du pactole, soit ils prenaient les paris qu’il n’y arriverait pas et là encore y s’faisait du blé l’Mimile. Sa mère, qu’on appelait Madame Pantruche, en souvenir de sa lune de miel sous la Tour Eiffel, tenait une petite épicerie à Montbrillant. On y fauchait d’temps à autres des avelines sous le regard réprobateur du rejeton. Quand j’lui filé sous le nez le papier de Mabut, l’en revenait pas Mimile. Six mille ? K’il répétait en boucle. Six mille ? De dzou ! Et combien de Portugais tu dis ? Mille trois cents en 2015 ?

L’a dû boire une chope de bière teintée au schnaps pour s’remettre. J’vous passe ses commentaires graveleux et légèrement xénophobes sur le système poilu lusitanien, sur les spagouzes italoches ou les tortillas espingouines.

Et comment qu’on les fabrique ces G’nevois d’importation ? Y parlent le patois des Pâquis au moins ? Sont capables de réciter l’Empro ? (Petite contine genevoise des siècles passés qui permettait aux natifs de se reconnaître entre eux)

Et le v’là, extatique, ki me récite l’Empro, Girod, Carin, Caro, Dupuis, Simon, Carcaille, Brifon, Piron, Labordon, Tan, Té, Feuille, Meuille, Tan, Té, Clu! …

Vite fait j’me suis taillé avant ki m’donne la traduction.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois

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