Le groumeur genevois - Page 5

  • Maudet, Bottani. Ah! la belle escalade.

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    De bleu, de bleu… !

    Tu parles d’une escalade dans la saga g'nevoise!

    V’là un ministre de la République de quarante balais qui s’accroche aux pieds de son burlingue comme Diogène à son pithos. Même le gusse Rochebin de la téloche, tout sourire venimeux dehors,  n’a pas réussi hier soir à le déglinguer définitivement.  Pathétique j’te dis !  Même moi j’n’y crois plus alors que j’avais, ici même, fustigé l’attitude un peu dégueu de ses p’tits camarades.

    Et tu verras qu’il va rester en place, quitter son parti et se faire réélire par le bon peuple aux prochaines élections si, d’ici là, le proque ne lui envoie pas dans les guiboles des termites pénales qui te bouffent par le menu le bois dont tu te crois être fait.

    Et pendant c’temps-là, v’là le patron de septante balais de la course de l’Escalade qui rend les plaques avant la quarante et unième course de la Mère Royaume dans un quasi désert de louanges. Alors la République ? On se bouge ?

    Car le mec Bottani est un Monsieur à qui il ne manque que l’accent g’nevois que chante avec bonheur son pote Sunier. A eux deux, il y a quarante ans, alors que le petit Maudet biberonnait en déféquant dans ses couches, ils ont créé un événement unique : La course de l’Escalade durant laquelle cinquante mille bipèdes font l’tour de la Vieille-Ville sans même s’arrêter boire une bière à la cloche.

    J’ai pas compté les minutes à la radio ou à la télé ni les lignes dans nos canards. Mais ça manque singulièrement de gratitude. Ce que je sais par contre c’est que j’verrais bien Bottani remplacer Maudet à la tête de son département.

    De bleu, de bleu… !

    Tu parles si ce s’rait giron un pareil destin croisé. Bottani, à septante ans, l’est encore plus jeune dans sa tête que le Maudet.

    Intègre, passionné, passionnant, entreprenant et génial.

    Merci Monsieur Bottani.

    Le Groumeur genevois

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  • Al Khuwarizmi! Tudieu le f... de m...!

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    De bleu, de bleu… !

    L’était pas vraiment jouasse mon pote Alexandre ce week-end alors qu’on tapait le carton entre amis chez son daron de l’hosto. Déjà qu’en cinq parties de jass je lui avais bouffé deux nelles et Julot l’avait mis pomme avec le bourg ; bref ! c’était pas la joie. En réalité, on l’a su plus tard, le mec Alexandre avait le trouillomètre à zéro depuis qu’on lui avait annoncé que son poste allait disparaître parce que devenu complètement ringard. Il venait d’apprendre ça lors d’une réunion interne au cours de laquelle un ponte des maths et de l’informatique réunies l’avait démontré par A + B, CQFD et autres colifichets quantiques (de Noël). Ndr. Désolé j’ai pas pu m’empêcher.

    Or donc, mon pote Alex est radiologue. En gros, c’est le gonze qui se planque derrière un rideau de plomb quand il t’examine la cage thoracique ou l’gros colon pour voir si l’Algérie t’appartient toujours. Onze ans d’études qu’il a faites pour en arriver à s’faire dire qu’il peut prendre sa retraite au ruclon d’Ecogia. Après quelques minutes d’explication on a compris que tout ça c’était la faute des algorithmes, des machins plus furibards que les types de Daech et qui auraient été créés il y a quelques siècles par un Arabe persan, Al Khuwarizmi qui, à vrai dire, a toujours ignoré le pétchi qu’il allait foutre dans l’humanité.

    De bleu, de bleu… !

    Les alkhuwarizmi, les algorithmes si vous préférez, sont des sortes de terroristes immatériels qui résolvent n’importe quel problème sans réfléchir. Sont capables de tout les p’tits gars : dessiner une baraque, conduire une bagnole, connaître la prochaine éruption du Vésuve ou de l’acné juvénile de ta p’tite dernière, régler le trafic aérien ou effectuer un diagnostic de radiologie sans aucune erreur possible.

    Oui, mes amis – qu’il a pleuré notre pote Alex – ces saloperies ne font jamais d’erreur alors que mézigue j’ai bien dû en commettre une ou deux en vingt ans de turbin. Oh! pas des graves ! J’me souviens juste qu’au début de ma carrière j’ai pris pour une clef à molette une cuillère à soupe qu’un poivrot avait ingérée.

    Il paraît même qu’elles sont capables de te dire que les types et typesses pour lesquels t’as voté, sont des couillons,  des flambeurs, des addicts au téléphone ou au taxi, des noceurs au champagne ou des voyageurs gratos.

    Comment kifont ?

    Simple comme le papier Q.

    Grâce à Gouguelle, Touitère, Fesse de bouc, smartfaune, caméras, microphones, ils te torchent un individu de sa première masturbe jusqu’à son lit de mort. Savent tout de técolle : tes penchants, tes amours, tes excès de vitesse, tes engueulades avec Bobonne, tes visites à la messe ou au culte, au Grand-Théâtre ou à l’Usine. Tout j’te dis. Même la manière dont tu t’exprimes, les mots que t’emploies, ton accent, ton honnêteté ou tes malversations. Les politiciens amérloques  leur demandent même de repérer les types influents. Et tu peux toujours essayer de les blouser. Que dalle, les p’tits salopards s’adaptent plus vite que les têtes de gondole chez Manor. Y en a même qui commencent à penser, on les appelle les évolutionnistes. Y sont tellement fortiches qu’il devient impossible de comprendre comment ils fonctionnent.

    Bref ! Comme toujours, c’est Bobonne qui a eu le dernier mot alors que je lui racontais la triste histoire d’Alexandre :

    Chouette – qu’elle a crié de la cuisine – au moins il nous diront pour qui voter aux prochaines élections communales et cantonales. Vivent les algorithmes évolutionnistes !

    Et ce sera tout pour aujourd’hui.

     

    Le Groumeur genevois

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  • De functus et autre Allo Ouine

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    De bleu, de bleu...!

    Remonté qu'il était mon copain Julot c'matin à l'heure de l'apéro! On d'vait être une dizaine à siroter tranquillement nos bibines respectives quand il a déboulé vers le zinc en vitupérant: C'est quoi ces conneries d'Allo Ouine? C'est quoi ces merdeux déguisés en zombies qui viennent vous tauper à point d'heure de la nuit alors que j'suis peinard devant mon poste de téloche. C'est à peine s'ils m'ont dit bonsoir et y zont fait franchement la gueule quand je leur dit que j'n'avais pas de bonbons et que de toute manière c'était mauvais pour leurs chaniottes.  Sont pas foutus d'attendre l'Escalade? Au moins là, tu peux les obliger à te raconter la Mère Royaume ou à te chanter les soixante-huit couplets du Cé qué l'ainô avant de leur filer un biffeton.

    Or donc on a bien essayé de lui expliquer les joies de la globalisation, rien n'y a fait; il a même réussi à nous plomber la dégustation des cacahouètes, en stigmatisant nos tronches d'enterrement en ce premier novembre.

    C'est ainsi qu'il est parti sur une diatribe qu'aurait pas reniée Warlu après son coup de pétard à la Réserve.
    Bande d'ignares - qu'il a vomi - tout en se jetant un grand verre de Perlan entre les mandibules. Faut dire que l'Julot avait usé ses culottes chez les cathos jésuites durant ses jeunes années. "En c'temps-là, messieurs, on n'pleurait pas les morts le jour de la Toussaint, en c'temps-là, la Toussaint c'était la fête de tous les Saints et la messe se chantait en blanc et non en noir".

    Pierrot a failli se prendre une mandale quand il a osé profaner l'instant par un retentissant: Saint Julot, priez pour nous! avant que s'ensuive, donné par le pré-opinant, un vrai cours de théologie pour les nuls, agrémenté de locutions latines et de borborygmes carougeois. "Si vous voulez pleurer sur vos tombes gardez ça pour d'main! Là ce s'ra le jour des morts".

    Calmé, l'Julot nous a rendus un peu plus intelligents en nous expliquant que le mot défunt venait du latin de functus autrement dit celui qui a rempli sa fonction, qui s'est retiré peinard en attendant que les vivants prient pour sa rédemption divine.

    Là-d'sus il a enfilé son paletot et, goguenard, s'est excusé en disant: "Désolé mais comme demain j'srai au turbin, j'vais au cimetière poser quelques fleurs sur feue ma tante Adèle".

    Et ce s'ra tout pour la Toussaint.

    Le Groumeur genevois

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