01/06/2018

Donald, Stan, Serena et les autres


De bleu, de bleu...!
J'viens d'passer quelques jours à l'hosto après quelques heures sur le billard. Quand j'me suis réveillé d'une narcose qui m'avait entraîné dans des rêvasseries aussi insolites qu'étranges: Maudet était en mission à Dubaï et Zidane au Quatar, v'là que mon voisin de plumard, tout jouasse, ma jeté un "Ah! tu t'réveilles enfin machin" Il était temps; ta moitié est passée trois fois et t'as laissé un message sur ta table de nuit. De fait, Bobonne a griffonné sur un papier les mots suivants: "Salut mon gros lapin. Marre d'attendre. La cantine me sortant par les trous de nez je rentre à la maison terminer mon repassage." Bonne nouvelle? m'interroge le gonze d'à côté qui pieute avec une jambe en l'air et des tuyaux placés au hasard de son anatomie le faisant ressembler à une sorte de robocop abîmé. J'opine de ce qui me sert de chef puis, dans un élan de politesse retrouvé j'émets un borborygme qui ressemble à un "Oui Monsieur, votre sollicitude me touche infiniment et je me réjouis de partager avec vous l'objet de cette missive qui, en effet, consacre une bonne nouvelle; ma chère épouse, dans un élan d'amour et de bonté, est rentrée au logis empeser mes chemises". A voir la tronche qu'il fait Robocop, j'me dis que mon borborygme ne devait pas être très clair car il se renfrogne et, tout de go, solliloque une remarque dont je distingue quelques mots peu flatteurs du genre: "Tudieu le mec! L'est aussi sympathique que mon alcoolo de daron un jour de flotte." Moi, vous me connaissez, en parfait groumeur repenti j'tente une excuse un peu bidon mais qui semble faire son effet: "Désolé mon vieux mais je sors des vappes et j'ai pas encore les idées très claires." Il a l'air de se calmer, se saisit d'une télécommande et allume la télé. Quelle horreur! En zieutant l'écran j'me dis que je ne suis pas encore réveillé et que ma narcose me garde encore dans une succession de rêves et de cauchemars. Sur l'écran, et grâce aux effets de la zapette que le nière manie comme Pagani les prospectus de votation, je vois tour à tour un président américain surmonté d'une tourte blonde annonçant une guerre commerciale avec l'Europe, un Wawrinka du Gros-de-Vaud pleurnicher sur les "genkisonméchants" mais, et surtout, une sorte de suma (féminin de sumo) américaine vêtue d'une invraisemblable combinaison moulante noire que Botero aurait dessinée pour emballer des jambons, qui tente d'assommer une fluette adversaire en jupette sur une terre rouge et battue, 
De bleu, de bleu...! C'était à ce point effrayant que j'ai appelé l'anesthésiste pour qu'il me r'file une nouvelle narcose.
Le Groumeur genevois

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12/04/2018

Des missiles bons, beaux et intelligents

De bleu, de bleu… ! Foi de groumeur genevois j’ai un peu de peine à m’y retrouver dans ce galimatias de nouvelles en provenance des grandes capitales. En gros, il paraîtrait que Bachar, aidé par ses petits camarades, aurait repris l’entier de son territoire de la Ghouta orientale.

Or donc, pour ceux qui n’auraient pas suivi le début, la Syrie est à feu et à sang depuis quelques années lorsque des rebelles syriens décidèrent de renverser  un pouvoir exorbitant et cruel.  S’en sont mêlés l’Etat islamique et quelques-unes de ses mouvances, les Etats-Unis, la France, la Russie, quelques autres Etats dont on ne sait pas trop ce qu’ils viennent faire là-dedans ainsi que de supposées armes chimiques dont Emmanuel Macron nous dit qu’il en a la preuve mais qu’il prendrait ses décisions punitives en « temps voulu et au moment le plus utile et efficace ».

De bleu, de bleu… !  Il règne pourtant un joyeux pétchi dans l’Hexagone ; les Universités bloquées, saccagées, les zones rurales en révolte, les zadistes en bataille rangée dans les Landes, les trafics ferroviaire et aérien en perdition… et voilà le jeune président français, ceinturon à l’heure et godillots cirés prêt à donner une leçon au vilain Bachar.

Mais le plus rigolo dans tout ça c’est Trump et ses « trumpettes de Jéricho » (je vous renvoie à vos chères humanités classiques). Fais gaffe Bachar – a-t-il touité – un de ces jours je vais te balancer sur la figure quelques « bons, nouveaux et intelligents missiles ». A côté de lui, Alexandre, Jules, Winston, Rommel, Attila, Joseph,  pour ne citer qu’eux ne sont que roupies de sansonnet.

Enfin il y a le maître du Kremlin qui jure ses grands Dieux que l’attaque chimique ne serait que pures billevesée et coquecigrue.

De bleu, de bleu… ! Avachis devant la téloche qui nous abreuve de ces nouvelles pas rassurantes, Bobonne et moi avons déjà dressé la liste des commis qui devraient nous permettre de tenir quelques semaines dans notre abri anti atomique.

En attendant quelqu’un pourrait-il nous dire la différence entre les armes létales nucléaires, chimiques, biologiques ou autres ? Y aurait-il de bons et de méchants bombardements ? De bons et de mauvais morts ? Les missiles intelligents sauront-ils distinguer les enfants des vieillards, les civils des militaires ?

Comme disait Sun Tzu dans « L’art de la guerre » à propos des chefs d'Etat : Quand vous êtes capable, feignez l’incapacité. Quand vous agissez, feignez l’inactivité. Quand vous êtes proche, feignez l’éloignement. Quand vous êtes loin, feignez la proximité.

A quoi, s’il avait vécu aujourd’hui ,  aurait-il pu ajouter: Quand vous êtes dépourvu d’idées pacifiques, touitez des menaces de mort.

Et ce sera tout pour aujourd’hui.

Le Groumeur genevois.

 

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27/11/2017

Merde! Ariane a fichu le camp.

De bleu, de bleu… !

Tu parles d’une mauvaise nouvelle. Ariane Ferrier s’est tirée loin de ce bas monde qu’elle avait tant aimé. Raoul Riesen et Pierre Desproges doivent se réjouir. Je parie qu’ils lui ont déjà préparé une p’tite collation d’arrivée quelque part, là-haut, où tant de rédemption attend ceux et celles qui nous ont donné rires et plaisir.

J’aimais beaucoup Ariane. Chaque dimanche, c’est avec une certaine délectation que je lisais ses potins qu’elle me commentait lors de nos amicales et bidonnantes rencontres. Fille de banquier elle en avait la reconnaissance protestante mais aussi la révolte protestante. Petite-fille d’une authentique douairière issue de je ne sais plus quelle haute aristocratie européenne, elle m’avait conté qu’un jour, son aïeule, qui ne sortait pas beaucoup de chez elle, s’était enquise auprès d’elle : « Dites-moi Ariane, est-il vrai que les ouvriers possèdent aussi des automobiles ? »

J’aimais beaucoup Ariane. Elle avait le sens inné de la dérision et la perception de la tristesse du dérisoire. Polyglotte, remarquablement intelligente, il était rare que son rire ne l’emportât point sur ses colères.

Tenez ! à ce propos, il me souvient de la bordée qu’elle reçut d’un pasteur de l’Eglise réformée à la suite d’un de ses potins au vitriol consacré au joaillier Gilbert Albert, créateur d’une petite croix huguenote vendue sur catalogue. Il avait eu le malheur de prétendre que sa main avait été guidée par Dieu et Ariane, ne l’ayant pas épargné, fut convoquée par ledit pasteur auquel, après dix minutes d’engueulade monologuée elle répliqua par un magistral : « Monsieur le Pasteur, sachez que ma famille a un banc réservé à Saint Pierre depuis le 17e siècle, je n’ai donc pas de leçon à recevoir sur le Calvinisme ».

Gilbert Albert à qui la chose fut contée, moins rancunier, l’invita aussitôt dans ses ateliers de la Corraterie pour saucisonner le papet vaudois. Les deux devinrent meilleurs amis.

Faut dire qu’il était impossible de résister à son sourire… même narquois.

Or donc, Ariane s’est tirée et nos plumes sont orphelines.

De bleu, de bleu, chère Ariane, si vous avez des potins de là-haut, envoyez-les nous ! Vous nous manquez déjà.

Le Groumeur genevois

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